A cinq jours de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), Genève apporte sa petite pierre à l'édifice. Adopté mercredi, le premier volet de son «plan climat cantonal» fixe un double objectif: réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030 par rapport à 1990 et «anticiper les effets des changements climatiques sur le territoire cantonal». 

Le plan genevois est une première suisse, a précisé François Longchamp devant la presse. Tout un symbole pour le canton hôte de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), souligne le président du Conseil d'Etat.

Le premier volet de ce plan climat initié en 2013 dresse un état des lieux du bilan carbone genevois et fixe des objectifs stratégiques. Six axes ont été identifiés, parmi lesquels figurent la réduction de la dépendance du patrimoine bâti aux énergies fossiles, la prise en compte des changements climatiques dans le développement territorial ou encore la promotion d'une mobilité «sobre en carbone». En 2016, le second volet du plan proposera une série de mesures concrètes.

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Bâtiments en cause

Le canton de Genève émet, selon les chiffres 2012, quelque 4,3 millions de tonnes de CO2 par année, soit près de 10 tonnes par habitant. Or près de la moitié des émissions (46%) provient des bâtiments. Dans ce secteur, la consommation de chauffage devra être réduite de 30%, détaille le conseiller d'Etat en charge du logement et de l'énergie, Antonio Hodgers. L'effort passera notamment par l'amélioration de l'isolation - avec des amendes envisagées pour les propriétaires qui n'auront pas assaini les fenêtres de leurs bâtiments au 1er février 2016 - et par le recours accru aux énergies renouvelables.

Complété par une série de mesures visant à protéger la population et les infrastructures de phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes, le plan genevois se veut aussi ambitieux, en matière de réduction des émissions, que les objectifs de l'Union européenne, qui vont au-delà de ceux du GIEC. «Genève a cette responsabilité», estime François Longchamp.