Les demandeurs d'asile attribués au canton de Genève sont actuellement pris en charge par deux institutions successivement. L'AGECAS, association privée subventionnée, assure leur accueil durant la première année passée en Suisse avant de les confier à l'Hospice général. Un système que le gouvernement genevois veut simplifier. En septembre dernier, il a demandé à son administration d'étudier un regroupement de cette prise en charge, qui serait alors confiée soit à l'un des protagonistes actuels, ou à une nouvelle structure.

Craintes syndicales mesurées

Le président de l'Hospice général, Claude Torracinta, militait pour son institution, prête à renoncer à d'autres activités pour conserver celle de l'asile (Le Temps du 6 janvier). Cette position a fait bondir l'ancien conseiller d'Etat Robert Ducret, actuel président de l'AGECAS. Il vient d'adresser une longue lettre aux collaborateurs de son institution, se déclarant «étonné et heurté» de se sentir tenu à l'écart des discussions. «Cette façon de procéder est inacceptable, et les 100 collaborateurs de mon institution se révolteront», annonce-t-il aujourd'hui.

Du côté syndical, les craintes sont plus mesurées. «Nous n'avons pas encore pris position, mais je penche plutôt du côté de l'Hospice», déclare Jacques Piguet, permanent à la SSP/VPOD. Une décision qui pourrait être motivée par le statut du personnel plus favorable dans cet établissement.

«Peu importe le nom à l'entrée», relativise de son côté Yves Brutsch, porte-parole de la coordination pour le droit d'asile, même s'il relève «la souplesse de l'AGECAS dont on devrait s'inspirer». L'inquiétude des œuvres d'entraide est ailleurs: «Parallèlement à cette réforme, Genève veut réduire son effort financier, qui a pourtant permis de préserver le canton des violences observées ailleurs. Et cela intervient au pire moment, car la Confédération se lance elle aussi dans des réductions drastiques».

Fr. L.