Santé

A Genève, les subsides d’assurance maladie augmenteront

Avec 53,9% des voix, le contre-projet du Conseil d’Etat a devancé l’initiative socialiste qui voulait plafonner le montant des primes LAMal à 10% du revenu des ménages

La solution ciblée plutôt que l’arrosoir: sur le front de la LAMal, la droite savoure sa victoire. Avec 53,9% des voix, le contre-projet du Conseil d’Etat a devancé l’initiative socialiste qui voulait plafonner le montant des primes d’assurance maladie à 10% du revenu net des ménages. Une contrepartie à la réforme cantonale de l’imposition des entreprises (RFFA) qui bénéficiera à la classe moyenne et inférieure: le revenu maximal pour toucher des subsides cantonaux sera rehaussé et leur montant augmentera. Selon les estimations, quelque 120 000 personnes seront ainsi aidées, contre 53 000 aujourd’hui. Le Conseil d'Etat a salué ce «vote de confiance». 

Demi-mesure satisfaisante

Fer de lance de l’initiative pour le plafonnement qui s’inspire du modèle vaudois, Carole-Anne Kast, conseillère administrative à Onex et ancienne présidente du PS genevois, refuse de parler de défaite. Au contraire, elle se félicite d’avoir forcé la droite à agir. «Sans notre initiative, ce contre-projet n’aurait jamais vu le jour, affirme-t-elle. Nous avons eu le mérite de mettre le sujet à l’agenda pour aider la classe moyenne.» A long terme toutefois, les bienfaits de la solution du gouvernement lui paraissent compromis: «Tandis que les subsides resteront fixes, les primes, elles, continueront d’augmenter.»

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Estimée à 450 millions de francs pour la première année, l’initiative socialiste a sans doute refroidi les électeurs. «Genève n’aurait pas eu les moyens d’assumer cette charge, surtout quand on voit que le vote sur la caisse de pension des fonctionnaires (CPEG) va déjà grever le budget du canton», estime Jean-Luc Forni, député PDC. A ses yeux, le contre-projet devisé à 186 millions de francs a le mérite de cibler les plus nécessiteux, «contrairement à l’initiative qui aurait aidé même ceux qui n’en avait pas besoin».

«Véritable choix démocratique»

Pour Bertrand Reich, président du PLR, ce vote a d’autant plus de valeur que le contre-projet n’était pas formellement lié à la RFFA cantonale, contrairement à la situation qu’a connue le canton de Vaud en 2016, où la réforme et sa contrepartie sociale étaient réunies dans un seul objet. «A Genève, les électeurs pouvaient accepter l’un sans l’autre; il s’agissait d’un véritable choix démocratique.»

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