La déconfiture de la plupart des sociétés du groupe Ambrosetti entraînera le licenciement de 440 employés à Genève. Alors que ces entreprises sont au bénéfice d'un sursis concordataire de six mois – ce qui permet la poursuite des chantiers – la direction a décidé d'envoyer les lettres de congé pour la fin du mois. Le syndicaliste Jacques Robert, du SIB, conteste cette méthode.

Le Temps: Que dites-vous du licenciement du personnel?

Jacques Robert: Il n'était pas indispensable de le faire pour tout le monde, puisque certains ouvriers travailleront plus de trois mois. Il est vrai que dans le cadre d'un sursis concordataire, le licenciement a un caractère formel et qu'on peut toujours prolonger le délai de congé. En revanche, nous sommes extrêmement fâchés sur la manière. Il n'y a eu aucune information. Les ouvriers l'ont appris hier matin par la radio et les journaux. C'est scandaleux.

–Que va-t-il se passer maintenant?

–Nous allons négocier pour que les entreprises qui vont reprendre les chantiers d'Ambrosetti réengagent les ouvriers. Nous exigerons qu'ils le fassent avec les mêmes conditions salariales, quitte à faire des manifestations.

–Cela ne va pas faciliter la reprise des chantiers. D'autant plus qu'Ambrosetti pratiquait souvent des prix très bas.

– Pour nous, la priorité est l'emploi, même si cela doit rendre plus difficile la reprise des chantiers. Et puis, il n'y a pas qu'Ambrosetti qui soumissionnait trop bas. La plupart des entreprises le font.

– Participerez-vous à ces négociations?

–Nous exigerons d'y participer. Et nous seront très fermes. Nous demandons aussi aux autorités de débloquer les chantiers qui sont prêts à démarrer, comme la place des Nations, la traversée de Vésenaz, le stade de la Praille. On tergiverse toujours comme si on était en période de surchauffe.

Propos recueillis

par C. B.