Mobilité

Genève travaille sur un projet de péage urbain

Plusieurs scénarios seront proposés d’ici la fin de l’année. Mais les contours du projet sont encore flous

«Nous avons insisté depuis le début pour faire partie de ce projet pilote.» Le conseiller d’Etat en charge des transports, Luc Barthassat, peut aujourd’hui se réjouir. Aux côtés du Tessin et de Zoug, de la ville de Rapperswil-Jona et de l’agglomération de Berne, Genève va pouvoir mettre en oeuvre un projet pilote de tarification de la mobilité. Avec le principe de la grande traversée du lac acceptée par le peuple le 5 juin, le canton connaît une «métamorphose au niveau des transports et a désormais tous les atouts pour être retenu comme canton pilote», assure le ministre.

Lire aussi : Le Conseil fédéral veut réformer la tarification des transports

En octobre dernier, le Grand Conseil a adopté un crédit de 250 000,00 francs pour étudier les impacts d’un péage urbain sur le trafic, la pollution et les transports publics. Où en est-on à l’heure qu’il est? Un mandat d’études pluridisciplinaires va être lancé, qui s’attellera aux questions économiques, sociologiques, territoriales et d’ingénierie. Le planning définitif devrait être arrêté sous peu.

Rien n’est encore défini

Autant dire que les contours du futur projet pilote sont encore impossibles à dessiner: «Des discussions sont en cours avec la Confédération, et Genève n’est pour l’instant que candidat à la phase pilote, admet Luc Barthassat. Aujourd’hui, nous nous posons toutes les questions, depuis le nombre de personnes que cela concernera jusqu’aux périmètres retenus.» Des choix qui ne vont pas de soi: la gauche souhaiterait un péage urbain dans le centre de Genève, le Mouvement citoyen genevois le voudrait aux frontières. Luc Barthassat, lui, plaidera plutôt pour un péage en périphérie, «le centre-ville étant très petit, et le péage à la frontière en porte-à-faux avec le droit européen». Il faudra ensuite définir quel système de péage serait approprié pour Genève: vignettes électroniques? Lecture de plaques? Quels types de véhicules seraient concernés et selon quelle modulation horaire? Autant de questions qui promettent de chauds débats politiques. Ce que ne semble pas craindre le conseiller d’Etat: «Il faudra trouver un consensus et changer les mentalités.»

La population sera sondée

Selon le calendrier prévu, les scénarios devraient être proposés à la fin de cette année. En automne 2017, le canton devrait être au clair sur les impacts sur le trafic et les recettes générées par les différents scénarios examinés. Il est prévu de sonder la population en 2018.

Mais l’objectif de la Confédération va au-delà du péage urbain, intégrant tous les aspects de la mobilité, comme les infrastructures ferroviaires et les transports publics. Berne va s’atteler à préciser le cadre légal, en édictant au minimum une loi fédérale de durée limitée. «Si tout se passe bien avec ces processus en parallèle, on pourrait avoir en 2019 un péage urbain pilote à Genève», se réjouit Thomas Wenger, député socialiste au Grand Conseil et membre de la commission des transports.

Publicité