Oui à des infrastructures dont Genève a cruellement besoin. C’est avec ce mot d’ordre qu’une large coalition soutient le projet de déclassement de la Goutte de Saint-Mathieu, à Bernex, soumis au référendum le 13 juin prochain. Sur cette parcelle enclavée de 4,5 hectares située en zone agricole, l’Etat veut construire un cycle d’orientation, une école de formation professionnelle, ainsi que divers autres équipements publics, mais se heurte aux référendaires, qui défendent bec et ongles les surfaces cultivées. En cas de refus dans les urnes, il n’y a pas de plan B, s’alarment l’ensemble des partis, à l’exception de l’UDC, mais aussi la Fédération des entreprises romandes (FER), l’Association genevoise des employés des écoles professionnelles (AGEEP) ou encore le TCS.

Au vu du nombre de projets d’aménagement rejetés par le peuple ces dernières années, la bataille politique autour de la Goutte s’annonce rude. Bien décidé à défendre un «projet cohérent» qui répond à des «besoins urgents» en termes de développement urbain, d’emploi et de formation, le comité unitaire serre les rangs. Pour la députée socialiste Nicole Valiquer Grecuccio, refuser ce déclassement ne freinera pas la croissance effrénée du canton, tant décriée par les référendaires. En revanche, cela pénalisera les futurs habitants de Bernex. «Les quelque 1600 logements prévus dans la zone verront le jour quoi qu’il arrive, prévient-elle, mais sans équipements publics, on va créer un quartier hors sol.»