Chaud bouillant. Le procès qui s’est ouvert ce lundi à Genève réunit tous les ingrédients pour nourrir les polémiques qui agitent la République. Sur le banc des accusés, il y a du beau monde: un promoteur déjà empêtré dans des projets douteux, un architecte (qui était aussi maire de sa commune et qui a renoncé à se représenter aux dernières élections en raison de cette affaire), un avocat de la place et un spécialiste du chantier. Tous accusés de s’être acoquinés pour gonfler une facture, tromper la justice et faire payer le prix fort à une famille qui ne voulait plus vendre son terrain. Une défense combative, une partie plaignante outrée et un premier procureur qui n’entend pas s’en laisser conter, l’ambiance est garantie.

«Le monde s’est écroulé»

Distance physique oblige, l’audience du Tribunal de police se déroule dans la grande salle du palais, d’ordinaire jalousement réservée à la Cour de justice, parfois prêtée au Tribunal criminel. De quoi donner une certaine gravité à l’évènement et offrir la place nécessaire aux parties ainsi qu’à leurs protestations sonores. Me François Canonica, l’avocat – avec Me Yvan Jeanneret – de l’avocat, étant passé maître en la matière. La présidente Delphine Gonseth, qui a longtemps travaillé à ses côtés avant d’entrer dans la magistrature, en sait quelque chose.