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Environ 200 personnes ont défilé samedi à dans les Rues-Basses à l'invitation de Sauvegarde Genève.
© SALVATORE DI NOLFI

Manifestation

A Genève, «une colère sourde» contre plusieurs projets immobiliers réunit 200 personnes

Trois objets soumis au vote le 4 mars en ville de Genève, à Bernex et à Chêne-Bougeries fédèrent les colères de leurs opposants qui ont défilé dans le froid des Rues-Basses

«Hodgers bétonneur!» Les cris des apprentis manifestants résonnent dans les Rues-Basses de la ville de Genève. Le public du samedi, venu faire ses courses, scrute les banderoles et les pancartes du petit cortège. Cette audience, l’écho de leurs voix, le fait de se retrouver ensemble galvanisent les quelques 200 personnes qui ont répondu à l’appel du collectif «Sauvegarde Genève», dont la cible favorite est le conseiller d’Etat chargé de l’aménagement et du logement, Antonio Hodgers.

Trop de béton 

«Nous sommes heureux d’avoir réuni autant de monde, dit Jérôme Fontana, un des initiateurs du mouvement. Ce ne sont pas des gens qui ont l’habitude de manifester.» Marié, père de deux enfants, cet habitant du Petit-Saconnex est candidat Vert’libéral à l’élection au Grand Conseil et au Conseil d’Etat. Il précise parler en son nom: «Lorsque j’ouvre les fenêtres de chez moi, j’ai des immeubles de tous les côtés. Récemment, la seule vue qui me restait sur les montagnes a été bouchée par une nouvelle construction. Des tours de béton, est-ce le seul horizon que nous avons à offrir aux résidents genevois? Nous ne sommes pas opposés aux nouveaux logements. Ce que nous demandons c’est que l’on consulte les habitants avant de construire des horreurs. Il y a une colère sourde qui prend de l'ampleur.»

Trois scrutins communaux

«Sauvegarde Genève», c’est l’effort d’opposants à trois projets immobiliers différents pour fédérer leurs colères. Dans les communes de Bernex et de Chêne-Bougeries et dans le quartier du Petit-Saconnex, en Ville de Genève. Dans les trois cas, la densification est modérée, des espaces verts sont ménagés et des logements bon marché sont assurés. Le résultat de consultations et de négociations entre les promoteurs, les politiciens et les habitants qui ont duré des années. Mieux: les élus des trois communes concernées ont donné un préavis favorable. Des référendums ont été interjetés, si bien que, le 4 mars, les citoyens sont appelés à se prononcer dans trois scrutins communaux.

Pierre-André Marti, un des quatre co-organisateurs de la manifestation, est locataire au Petit-Saconnex. «Les consultations ne sont qu’un alibi, lance-t-il. Les quartiers où l’on veut construire sont déjà saturés. Les infrastructures comme les écoles, les transports publics, ne suivent pas. Il faut arrêter de vouloir surdensifier. Nous voulons du logement de qualité et une croissance maîtrisée. Avec ces projets, on s’attaque à la qualité de vie des Genevois.»

Transformer les bureaux vides en logements

«Contre l’enlaidissement de Genève», un autre mouvement qui avait organisé une manifestation similaire cette année, a ressorti ses banderoles. «Nous nous sommes volontairement placés en retrait de la tête du cortège», souligne Bjorn Arvidsson. Si les nouvelles constructions déplaisent, où loger notamment les jeunes familles? «Il y a une offre pléthorique de bureaux vides, répond-il. Pour les besoins urgents, il est temps d’avoir le courage politique de les transformer en logements.»

Le cortège se rassemble au pied de la statue du Général Dufour, Place de Neuve. Plusieurs élus UDC sont là. Quelques écharpes MCG couvrent d’épais manteaux. Les deux candidats au Conseil d’Etat sur la Liste pour Genève, issus de l’extrême gauche, ont fait le trajet. Ce large éventail n’a pas échappé à un homme qui n’est pas là par hasard. Il s’appelle Jean Barth et travaille à un projet d’initiative nommée «500 000, c’est bien assez!!». Les slogans entendus dans le cortège, il pourrait y souscrire. Protection des arbres, préservation de la qualité de vie et du patrimoine. «Le problème de Genève est sa politique économique, dit-il. Il faut arrêter de faire venir des multinationales qui gonflent la démographie. Sans elles, le canton pourrait tout à fait loger ses quelques centaines de nouveaux citoyens par année.» Jean Barth a lancé plusieurs initiatives. Il n’a jamais perdu dans les urnes. Sa présence à la manifestation a de quoi inquiéter les élus.

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