Introduire une «véritable concertation» dans les projets d’aménagement: tel est le but de l’initiative populaire «Pour un urbanisme plus démocratique à Genève», lancée ce mardi par un comité réunissant 47 associations d’habitants. Dans un contexte de défiance grandissante où la plupart des projets d’aménagement sont refusés en votation, les initiants entendent redonner du pouvoir aux communes pour proposer des plans localisés de quartier (PLQ) alternatifs à ceux de l’Etat. En cas de désaccord, la population voterait pour son projet favori. Le comité d’initiative a jusqu’au 14 mai pour récolter 6000 signatures.

Des «barres d’immeubles sans âme», des «horreurs soviétiques» construites en faisant «table rase du patrimoine bâti et arboré». Les initiants dressent un tableau sombre des récentes réalisations architecturales à Genève. La concertation avec les habitants et les communes est pourtant déjà intégrée dans le processus d’élaboration d’un PLQ. «Ce dialogue n’existe que sur le papier, réfute Christian Gottschall, vice-président du comité d’initiative. Dans les faits, l’Etat présente un projet quasi définitif et l’avis des communes n’est que consultatif. Dans la plupart des cas, l’Etat n’en tient pas compte.»