C’est une histoire rocambolesque à laquelle les citoyens genevois mettront un point final par les urnes le 29 novembre. Il s’agira de régulariser, ou non, une illégalité tolérée depuis près de trente ans à Athenaz, sur la commune d’Avusy: le recyclage des déchets de chantiers par la Sablière du Cannelet sur des terres échues à l’agriculture. Le Conseil d’Etat et le Grand Conseil ont finalement décidé de laisser opérer le contrevenant en déclassant cette zone agricole en zone industrielle et artisanale. Mais un référendum est passé par là. En somme, l’affaire de la Sablière est un genre de «Papyrus» du recyclage, du nom de cette opération genevoise visant à régulariser des sans-papiers.

«On ne va pas pouvoir recycler nos déchets dans le cloud!»

Diable, qu’est-ce donc qui pousse les autorités à la mansuétude envers un entrepreneur clandestin, pour filer la métaphore? Alors que même le Tribunal fédéral avait déclaré les activités de la Sablière illégales? La réponse tient en un mot: pragmatisme. En effet, l’entreprise recycle depuis des années un quart des déchets de chantiers du canton. Un canton exigu, qui n’a pas trouvé le moyen de la faire déménager en zone industrielle. Si 150 000 tonnes de déchets inertes sont traitées à la Sablière, le reste est envoyé ailleurs.