élections fédérales

A Genève, des Verts transfrontaliers en lice pour Berne

Les écologistes genevois présentent une liste sous-apparentée de cinq candidats domiciliés hors du canton pour les élections fédérales d’octobre. Leur stratégie: miser sur l’atout région

Les intérêts de Genève ne s’arrêtent pas aux frontières du canton. C’est avec cette conviction que les Verts genevois lancent une liste sous-apparentée de «Verts transfrontaliers» pour les élections fédérales de cet automne. Cinq candidats aux profils variés, tous domiciliés en France voisine voire, temporairement, encore plus loin. Si elle peut paraître contre-intuitive au premier abord, cette démarche est légale pour autant que le candidat soit Suisse et dispose du droit de vote dans le canton qu’il entend représenter.

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Qui sont ces candidats qui se rêvent ambassadeurs du Grand Genève à Berne? Catherine Walthert Selosse, 53 ans, est enseignante et habite Sallanches. Elias Geoffroy, 24 ans, employé dans une ONG, vit à Paris depuis le début de l’année, où il milite pour Europe Ecologie Les Verts (EELV). Savoya Barbier, étudiante en relations internationales, habite à Viry. Géographe-urbaniste, Sara de Maio, 27 ans, a grandi à Collonges-sous-Salève, mais s’est récemment installée à Freiburg, en Allemagne, pour un an. Fondateur des Verts transfrontaliers, Peter Loosli est quant à lui conseiller municipal suppléant à Ferney-Voltaire pour EELV.

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N’est-il pas problématique que certains candidats soient déjà engagés ailleurs? «Au contraire, on a besoin de ce lien avec les partis d’autres pays, il faut que les idées circulent. L’important, c’est de porter la thématique de l’environnement», estime Alain Pirat, représentant de la section transfrontalière. Fondée en 2012, cette dernière est autonome et habilitée à désigner elle-même ses candidats.

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«Penser région»

«Avec cette liste, nous voulons montrer aux Genevois qu’il y a une vie au-delà de la frontière et qu’il faut la prendre en compte», argumente Nicolas Walder, président de la section genevoise, tout en soulignant que le «penser région» a toujours été dans l’ADN du parti. A ses yeux, la collaboration avec la France est indispensable pour résoudre des problématiques telles que l’aménagement, la protection de l’environnement ou encore la mobilité. Le réseau CEVA, qui reliera bientôt Annemasse aux Eaux-Vives, en est un exemple.

Pour Nicolas Walder, le fait de résider en France voisine peut être un atout dans nombre de situations concrètes. «En 2012, la section transfrontalière a tenté de faire en sort que l’équipe de football d’Evian, alors en première division, puisse jouer à la Praille, ce qui aurait permis de remplir intelligemment un stade vide plutôt que d’en construire un nouveau, explique-t-il. Cela n’a pas marché, mais l’idée était bonne. Tout récemment, la fin de la retransmission des programmes de la RTS en France voisine a suscité l’émoi; les candidats transfrontaliers sont les mieux placés pour percevoir les attentes de la population.»

«Des thèmes et des voix»

Les chances de succès de la liste apparentée, tout comme celle des Jeunes Verts, restent toutefois limitées. En 2011 et en 2015 déjà, les Verts avaient présenté des candidats transfrontaliers, sans parvenir à décrocher de siège. «Nous restons modestes, souligne Alain Pirat. Les listes apparentées amènent des thèmes et des voix pour la liste mère. Le but, c’est de réunir la population d’une même région autour de préoccupations communes.»

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