Transfert de détenus étrangers: Genève pressé

Surpopulation Le canton demande à Berne de traiter prioritairement le Maroc et la Roumanie

Le gouvernement genevois veut intensifier le transfèrement de détenus étrangers vers leur pays d’origine pour y exécuter leur peine. Un outil qui pourrait remédier «effi­cacement», selon lui, à la surpo­pulation carcérale dont sa prison de Champ-Dollon – établissement destiné originellement à la détention préventive – est, entre autres, victime. Dans un courrier adressé au Département fédéral de justice et police, le Conseil d’Etat demande l’ouverture de négociations «sur le principe et les modalités» de tels transferts. L’exécutif intime à la Confédération de traiter priori­tairement les conventions liant la Suisse à la Roumanie et au Maroc, «partant du constat que la population carcérale suisse est très majoritairement originaire de pays tiers.»

Actuellement, la convention ­paraphée avec le Maroc implique un consentement du détenu en vue de son transfert, rarement souhaité par l’intéressé. Le canton voudrait aboutir à des accords moins «contraignants» sur la nature des exigences qui permettent de «déplacer» un détenu sans son con­sentement. Une pratique qui est déjà en cours avec la Roumanie, mais «sous certaines conditions», affirme le Département de la sécurité en mains du libéral-radical Pierre Maudet.

Accompagné de l’ambassadeur extraordinaire pour les questions migratoires, le magistrat s’est rendu en juin au Maroc pour aborder le problème migratoire avec les autorités de Rabat. Un peu plus tard, l’élu s’est également déplacé à Bucarest pour y discuter coopération policière, aide au développement et renvoi des condamnés roumains.

Pour vanter son action, l’exécutif rappelle que ces réflexions pourraient bénéficier à l’ensemble des cantons suisses.