Le videur de l’établissement genevois Rooftop 42, qui avait frappé un client à la tête et causé une chute mortelle, reste condamné à trois ans de prison avec sursis partiel pour homicide par négligence et lésions corporelles graves. «En tout état, l’élément subjectif à la réalisation d’un meurtre fait manifestement défaut», précise l’arrêt rendu le 21 décembre dernier par la Chambre pénale d’appel. Les conclusions de la partie plaignante et du Ministère public, lequel réclamait une peine de dix ans pour meurtre par dol éventuel, sont à nouveau rejetées. Un recours au Tribunal fédéral est encore possible.

Issue guère prévisible

Selon cet arrêt, le videur, un Français âgé de 59 ans, ancien champion du monde de full-contact, ne pouvait pas imaginer que ses coups allaient entraîner le décès de sa victime. «Une telle issue, heureusement rare, n’était guère prévisible», souligne la décision. Pour les juges d’appel, rien ne permet donc de considérer que l’agent de sécurité aurait envisagé, puis accepté de tuer sa victime, «n’ayant même jamais eu conscience de ce risque de décès».

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Le client, qui s’était montré agité et insultant en raison d’une expulsion ressentie comme injuste, est tombé en arrière et sa tête a alors violemment heurté le sol en marbre. Il a passé neuf mois dans un coma douloureux avant de décéder à l’âge de 43 ans. Cet employé d’une multinationale laisse derrière lui une épouse et deux filles adolescentes.

Interdit de sécurité

La peine infligée au videur, fixée à trois ans, dont dix-huit mois de prison ferme, n’a pas été revue à la hausse comme le demandait aussi le parquet. Celle-ci est qualifiée de «sanction adéquate». Les juges d’appel ont toutefois ajouté une interdiction de travailler dans le domaine de la sécurité et de la nuit durant le délai d’épreuve du sursis.

L’agent de sécurité, arrêté après le drame du 25 septembre 2015, a passé environ 17 mois en détention préventive. Il a retrouvé sa liberté provisoire le 24 février 2017, soit trois semaines après le premier jugement, moyennant le dépôt de ses papiers d’identité, la promesse de rester en Suisse et la mise sur pied d’un suivi thérapeutique destiné à maîtriser sa colère.