A Genève, le Conseil d'Etat dégaine enfin son plan crack
Pas moins de quatre départements sont mobilisés pour améliorer la prise en charge des consommateurs de crack et rassurer la population. Une extension du local Quai 9 est au programme ainsi que davantage de présence policière
C’est un des sujets brûlants du moment. La problématique du crack, avec ses consommateurs très abîmés, ses scènes ouvertes, son trafic, ses bagarres et ses nuisances pour les habitants des quartiers touchés. Face à ce défi à la fois sanitaire, social et sécuritaire, le Conseil d’Etat genevois a présenté ce mercredi «un plan stratégique» sur trois ans pour tenter d’enrayer l’explosion de cette drogue très addictive et ses multiples effets pervers. Pas moins de quatre ministres, appuyés par le président de l’exécutif, sont à la manœuvre pour mettre en musique ces mesures. La plus visible sera la création rapide d’un nouvel espace pour ces fumeurs de cailloux, annexé à la structure actuelle du Quai 9, afin de diminuer les tensions avec les autres toxicomanes.
C’est évidemment Pierre Maudet, en sa qualité de magistrat chargé de la Santé, qui a lancé la présentation de ce plan d’action en rappelant combien la situation s’est dégradée ces deux dernières années et en soulignant une évidence: «Nous avons cherché ailleurs, sans trouver de réponse pour tuer le problème. Il n’y a pas de solution miracle.» Ni de révolution en perspective. Le gouvernement entend toujours s’appuyer sur la politique des quatre piliers afin d’allier prévention, soins, réduction des risques et répression. L’approche sera transversale pour répondre aussi bien aux attentes de la population qu’aux besoins multiples de consommateurs à la dérive.