Dénonciation pénale dans le scandale du foyer spécialisé de Mancy à Genève
A la faveur d’une enquête de la Commission de contrôle de gestion, qui a pris position vendredi, il apparaît que le Conseil d’Etat genevois a dénoncé des «éléments semblant être constitutifs d’une violation du devoir d’assistance ou d’éducation»
Le scandale du foyer spécialisé de Mancy prend une nouvelle dimension. Au lendemain de la suspension de la directrice de l’Office médico-pédagogique (OMP) dont dépendait l’établissement accusé de graves dysfonctionnements et sur lequel Le Temps a enquêté, la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil genevois a pris position.
Au terme d’une instruction menée jusqu’ici dans le secret au sujet d’une possible maltraitance à l’encontre des enfants autistes hébergés dans le foyer, il apparaît notamment que le Conseil d’Etat a effectué une dénonciation pénale. Une démarche saluée par les députés. «En effet, certains éléments semblent être constitutifs d’une violation du devoir d’assistance ou d’éducation», précise la cheffe du Département de l’instruction publique (DIP) dans une lettre envoyée ce vendredi à tous les collaborateurs de l’OMP, soulignant qu’il s’agit d’une infraction poursuivie d’office que l’Etat a le devoir de dénoncer. Anne Emery-Torracinta rappelle également que le DIP a mandaté une analyse externe au printemps 2021 lorsqu’il a eu connaissance «d’éléments graves» touchant les conditions de vie et de travail à Mancy. Pour rappel, cet audit avait mené au renvoi de la directrice du foyer en septembre dernier.