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Fragilisé, l’enseignement spécialisé genevois a un nouveau directeur général

Plus d’un an après la suspension de Sandra Capeder dans le sillage du scandale de Mancy, le Conseil d’Etat vient de nommer Eric Tamone, actuel directeur du Collège Sismondi, à la tête de l’Office médico-pédagogique

Le Conseil d’Etat genevois.  — © SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE
Le Conseil d’Etat genevois. — © SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE

A trois mois de la fin du mandat d’Anne Emery-Torracinta, deux postes stratégiques viennent d’être repourvus au Département de l’instruction publique (DIP). Ce mercredi, le Conseil d’Etat genevois a nommé Eric Tamone à la tête de l’Office médico-pédagogique (OMP) pour tenter de cicatriser les plaies d’une profonde crise à la suite du scandale des maltraitances au foyer de Mancy.

Par ailleurs, le socialiste Gilles Thorel, actuel secrétaire général adjoint au DIP, vient quant à lui d’être désigné directeur général de l’enseignement secondaire II. Un poste qu’il remplissait ad interim depuis un an, à la suite de l’arrêt maladie de Sylvain Rudaz, le dernier des six directeurs en place en début de législature. Cette nomination vient s’ajouter à la longue liste de personnalités socialistes à des postes clés.

Diriger l’OMP, une mission à haut risque

Affecté à une mission très exposée, Eric Tamone entrera en poste à compter du 1er août, alors que l’OMP est en pleine réorganisation sous la houlette du directeur ad interim, Jacques Hertzschuch. Actuel directeur du Collège Sismondi, le fonctionnaire de 54 ans, par ailleurs conseiller municipal vert à Versoix, doit finaliser la prochaine rentrée tout en prenant progressivement ses nouvelles fonctions, a indiqué l’exécutif.

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Enseignant titulaire notamment d’une licence en sciences de l’éducation de l’Université de Genève, Eric Tamone a aussi dirigé le Cycle d’orientation du Renard, puis le Service organisation et planification de la Direction générale de l’enseignement obligatoire. Il a pour mission de reprendre la direction générale dans la continuité des plans d’action mis en place ces derniers mois.

Une mise au concours critiquée

Fin 2022, la mise au concours du poste de directeur général de l’OMP avait été critiquée par la commission du personnel. Cette dernière avait notamment exprimé sa volonté de voir émerger une personne externe au secrétariat général afin de faire «table rase du passé». Le timing serré suggère-t-il une nomination dans la précipitation? La question se pose en interne. «On ne comprend pas la nécessité de repourvoir le poste avant la fin de la législature», glisse un collaborateur, qui ne voit «aucun élément rassurant dans cette nomination». L’avenir de l’ancienne directrice générale Sandra Capeder, suspendue depuis plus d’un an, reste quant à lui incertain.

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