Jugée à Genève, la fameuse affaire de la plume prend le chemin du Tribunal fédéral
Le Ministère public réclame toujours une condamnation pour meurtre et estime que la version de l’asphyxie érotique a été retenue de manière arbitraire. La défense du notable soleurois dénonce «une posture virevoltante»
Le notable soleurois, condamné à Genève pour avoir causé la mort de sa femme lors d’une asphyxie érotique, a quitté la prison de La Brenaz ce samedi après avoir fini de purger la partie ferme de sa peine de 3 ans, fixée à 18 mois. Le septuagénaire a retrouvé la liberté, mais pas encore la tranquillité. Car la fameuse affaire dite «de la plume», en raison de l’indice découvert dans les bronches de la défunte, n’est pas encore close. Le Ministère public a décidé de recourir au Tribunal fédéral, a appris Le Temps. Et ce, afin de faire basculer l’arrêt qui écarte le meurtre au profit de l’homicide par négligence.
La voie est étroite pour la première procureure Anne-Laure Huber, car la Cour suprême revoit en principe les jugements sous l’angle du droit et non pas des faits. Sauf si ceux-ci ont été retenus de manière arbitraire. Il faut donc convaincre Mon-Repos que la nouvelle version du jeu sexuel ayant mal tourné, livrée entre deux procès, a été prise pour argent comptant sans que sa crédibilité soit véritablement examinée au regard du dossier. Une démarche que dénonce la défense. «Il y a cette incapacité à s’incliner devant une absolue certitude: celle d’un mari qui aimait profondément son épouse, ce qui consacre le meilleur alibi de cet homme et doit le mettre définitivement à l’abri de toute intention meurtrière», relèvent Mes Yaël Hayat et Guerric Canonica.
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