Les gouvernements genevois et vaudois n'ont pas l'intention d'enterrer les projets de collaboration hospitalière, malgré le refus du mariage des deux hôpitaux par le peuple genevois en juin dernier. Au cours de leur rencontre du 10 février, les deux Conseils d'Etat ont donc parlé de l'avenir de cette coopération, même si rien n'a filtré des décisions prises dans les jours qui ont suivi.

Mais aujourd'hui, on le comprend entre les lignes d'un rapport du Conseil d'Etat qui vient de parvenir aux députés genevois, les deux exécutifs ne tarderont guère à préparer un projet de rapprochement des deux sites hospitaliers qui ressemblera sans doute étrangement au Rhuso I. Dans le rapport, qui sera aussi envoyé aux députés vaudois, les deux gouvernements commencent par cette proposition: demander aux deux parlements, dans le cadre des projets de budget 2000, «de continuer à financer le fonds de l'Association Vaud-Genève par un prélèvement sur les budgets hospitaliers afin d'assurer la poursuite des activités communes existantes dès le 1er janvier 2000». Pour 1999, le financement est déjà assuré: le fonds est suffisamment doté pour passer l'année.

Derrière ce message, une stratégie. Le rapport, qui dresse le bilan de six ans de collaboration hospitalière, permet de provoquer le débat, nécessaire surtout à Genève. Depuis le 7 juin, il ne s'est plus dit grand-chose sur la question. Des motions ont bien été déposées après la votation. L'une, de droite, exige «de reprendre immédiatement les négociations»; la seconde, de gauche, demande notamment «un concordat de portée limitée permettant le regroupement des prestations de haute technologie». Mais ces deux textes n'ont pas encore été traités en commission car «il y avait d'autres dossiers prioritaires», explique Gilles Godinat, député de l'Alliance de gauche. Par ailleurs, le Forum Santé, organisation qui rassemblait les opposants, n'a pas rédigé de concordat alternatif: «Pour le moment, nous n'avons pas été plus loin que la motion», explique son président, Alain Riesen.

«Dès que les opposants auront fait connaître leurs contre-propositions et dès que les interventions auront été traitées par le Grand Conseil, le Conseil d'Etat genevois examinera avec le Conseil d'Etat vaudois les possibilités de collaboration qui seront encore ouvertes», explique diplomatiquement le rapport. En fait, il y a fort à parier que le gouvernement genevois attend juste de pouvoir faire la démonstration de l'absence de proposition crédible des opposants pour revenir avec un projet fort de collaboration.