A Genève, l’accès au macaron pour zone bleue est dorénavant restreint. Depuis le 1er septembre de cette année, l’obtention du sésame pour habitant fait l’objet d’une nouvelle procédure voulue par le canton, à l’instar de ce qui se fait déjà notamment à Fribourg, Montreux et Vevey.

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Pour réduire les effets de «surbooking» – actuellement, l’excès de vignettes par rapport aux places disponibles en ville est en moyenne de 30% –, l’Etat de Genève exige dorénavant des locataires qu’ils signent chaque année une attestation sur l’honneur, certifiant qu’ils ne détiennent pas un parking privé dans une zone adjacente à leur immeuble.

Le document doit être assorti d’une copie du contrat de bail, ainsi que d’une attestation du gestionnaire du bâtiment précisant l’absence ou pas de location de place de stationnement sur le lieu de domicile. Seul hic: certaines régies facturent cette dernière prestation, à hauteur de 10 francs.

Une majoration légale

Une somme qu’il faut désormais ajouter aux 200 francs que coûte normalement un macaron. Ce qui, de facto, renchérit pour de nombreux Genevois le prix annuel de la vignette pour habitant. Normal? C’est en tous les cas légal.

«Les régies sont libres de ponctionner des charges administratives pour ce genre de prestation complémentaire, qui n’est pas directement liée à la chose louée», indique Philippe Angelozzi, secrétaire général de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier à Genève. Le recouvrement de frais découle du nombre impressionnant de demandes d’attestation, à la suite de l’introduction de la nouvelle mesure cantonale.

«Cette pratique des milieux concernés n’a rien de choquant, commente-t-il. Par ailleurs, les régies n’ont pas toutes la même politique en la matière.» Vérification faite, plusieurs gérances délivrent pour l’heure des garanties gratuitement. Quelques-unes réfléchiraient cependant à introduire un émolument, si les volumes à traiter devenaient trop importants.

Un règlement trop strict?

En principe, les riverains doivent présenter patte blanche à chaque renouvellement de leur macaron. C’est-à-dire d’une année à l’autre. Le tour de vis vise à limiter les abus liés au phénomène de sous-location de parkings privés. Un phénomène qui affecte plus particulièrement le quartier des Eaux-Vives.

«L’opération, élaborée en concertation avec les professionnels de l’immobilier, est de grande envergure, souligne la Direction générale des transports à Genève. Nous allons faire un point de la situation dans trois mois avec les professionnels de l’immobilier et la Fondation des parkings.» Le prix du macaron pourrait donc durablement renchérir de 10 francs pour certains habitants de la ville.

Cette hausse est-elle vraiment incontournable, vu le double emploi d’une copie de contrat de bail et d'une attestation du bailleur, tous deux stipulant normalement l’éventuelle location d’un parking privé? «Nous allons évaluer d’ici au début 2018 s’il convient de solliciter cette attestation à chaque renouvellement de macaron. Il faut toutefois souligner que cette attestation annuelle a le mérite de tenir compte des évolutions de la situation des habitants en matière de location de places de parking», conclut la DGT, qui espère ramener l’excès de vignettes pour zone bleue à 110% en trois ans.