A Genève, en matière d'octroi de droits politiques aux étrangers, la prudence est de mise. L'association «J'y suis, j'y vote» a donc déposé à la Chancellerie cantonale les 24 000 signatures récoltées pour ses deux initiatives «sœurs» avant de se présenter à la presse lundi à 11 heures. «Pour éviter tout couac de dernière minute, puisque le délai échoit à midi», souffle Pierre Maudet, membre du comité et conseiller municipal radical de Genève.

Des sueurs froides, les militants du droit de vote et d'éligibilité des étrangers à l'échelon communal en ont eu – en quatre mois – pour atteindre les 10 000 paraphes par texte. Certains doutaient il y a dix jours encore de pouvoir les faire aboutir (Le Temps du 26 juin). «L'agenda politique du printemps, avec une élection complémentaire au Conseil d'Etat, les municipales et les administratives, les onze objets de votations et le G8, ne nous a pas été favorable», remarque Pierre Maudet. Mais l'effort final de «J'y suis, j'y vote» à la Fête de la musique ou à celle du parc des Cropettes ont permis de réunir les centaines de griffes manquantes.

Ainsi, après deux échecs sur ce thème en 1993 et 2001, les Genevois se prononceront d'ici à deux ans sur les initiatives «sœurs». «La cadette» propose d'accorder aux étrangers le droit de vote et de signer initiatives et référendums sur le plan communal. Pour ce faire, il faut être domicilié en Suisse depuis huit ans et dans la commune concernée depuis trois mois. Quant à «l'aînée», elle prévoit de leur octroyer les droits politiques complets, soit aussi celui d'éligibilité.

Issus des partis d'extrême gauche jusqu'au centre droit ainsi que des syndicats, les jeunes de l'association veulent faire évoluer les droits accordés aux étrangers qui, à Genève, restent limités en regard des autres cantons. C'est pourquoi l'écologiste Antonio Hodgers avertit qu'il ne s'agira pas d'engager le débat sur l'intégration juste avant la votation. «Des actions sont prévues dès cet automne», a annoncé le député.