Mobilité

Les Genevois refusent la hausse des prix des transports publics

La droite et les Verts ont perdu leur pari. La population a dit non à un compromis qui prévoyait une hausse modeste des tarifs contre une augmentation de la subvention. Les prestations risquent d'en pâtir

Les transports publics genevois (TPG) resteront parmi les moins chers de Suisse et, selon toute vraisemblance, les moins performants. Ainsi en a décidé le peuple, qui s’est prononcé à 53,42% pour le référendum d’Ensemble à gauche, soutenu par le parti socialiste et le Mouvement citoyen genevois (MCG), contre la loi sur les transports.

Notre commentaire: Tarifs des TPG: un low cost si cher payé

Un désaveu pour la classe politique

C’est une défaite pour le conseiller d’Etat Luc Barthassat, et une gifle pour les Verts, qui soutenaient la loi avec la droite. «C’est un désaveu pour la classe politique et le magistrat de tutelle, estime Mathias Buschbeck, député vert. Si Luc Barthassat s’était plus occupé des TPG que de chercher des sous à Berne pour la traversée de la Rade, s’il avait renoncé à mettre des scooters sur la voie publique pour augmenter la vitesse commerciale, on n’en serait pas là. Et si le PS ne nous avait pas lâchés, idem».

La réaction du conseiller municipal PS Sylvain Thévoz:

La conseillère nationale verte Lisa Mazzone, déçue, ne regrette pourtant pas l’alliance de son parti avec la droite sur cet objet, «car nous avons su prendre nos responsabilités en soutenant un compromis qui était bon». Celui-ci prévoyait une très modeste augmentation des tarifs (20 centimes par ticket, 50 francs pour l’abonnement annuel) contre une hausse de la subvention étatique de 8 millions de francs en deux ans. «Au lieu de cela, on va perdre 18 millions de francs», avance Mathias Buschbeck. Soit près de 8 millions de manque à gagner, auxquels s’ajouteront la perte probable d’une subvention de 5 millions ainsi qu’une amende de la Confédération de 5 millions, estime le Vert.

L'impôt pour payer les transports publics

A gauche, on se félicite de l’avoir emporté sans se faire de soucis pour les prestations, «car il est essentiel d’avoir des TPG bon marché», dit Pablo Cruchon, d’Ensemble à gauche. Son parti, avec les socialistes et le MCG viennent de déposer un projet de loi réclamant une augmentation de l’offre des transports publics, jusqu’à atteindre son niveau de 2014, sans hausse des tarifs. Comment? «Par le biais de l’impôt, répond Carole-Anne Kast, présidente du PS genevois. C’est-à-dire financé par tous les contribuables et pas seulement par les usagers».

Sauf qu’à droite et au centre, on ne voit pas les choses comme ça. «C’est trop facile de faire appel à l’Etat, estime Alexandre de Senarclens, président du PLR. La population n’a pas voulu de ce large accord soutenu par les Verts, elle aura donc des baisses de prestations. Je crois qu’il faut faire un peu de pédagogie, parfois». Et de fustiger «la démagogie des socialistes qui se sont soustraits à leurs responsabilités». Au PDC, la défaite est amère et on ne dessine pas non plus un avenir radieux aux TPG: «C’était du jamais vu que le PLR accepte une augmentation des subventions, telles que le prévoyait le compromis aujourd’hui rejeté, estime Bertrand Buchs, président du parti. Pour nous, il est essentiel que l’offre augmente». Mais à la question de savoir comment la financer désormais, il n’a pas la solution: «Il y aura des choix à faire et il faudra baisser d’autres lignes budgétaires. Car on ne va pas inventer cet argent». Pierre Vanek, d’Ensemble à gauche, a son idée sur la question: il suffit d’imposer les entreprises pour gagner 16 millions pour les TPG.

Mais pour l’heure, les transports publics genevois ont du plomb dans l’aile. Avec des tarifs les moins chers de Suisse (200 francs de moins au minimum pour l’abonnement annuel comparé aux autres villes de Suisse dont Lausanne, où l'abonnement coûte 740 francs contre 550 à Genève), une vitesse commerciale très basse, des cadences lentes, des bus bondés et un personnel en souffrance qui s’était engagé pour la loi, il y a long avant que leur efficience se rapproche de celle des transports publics alémaniques.

Maison des associations: pas de subvention

L'octroi d'une subvention de 16,5 millions de francs en faveur de la Maison des associations n'a pas trouvé grâce non plus aux yeux des électeurs du canton de Genève. Cette requête émanait du milieu associatif. Elle est rejetée à 63%.

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