Ce dimanche, on connaîtra la nouvelle composition du Conseil d’Etat genevois. Si les cinq ministres qui se représentent devraient être réélus, la remise en jeu des deux sièges laissés vacants par le Vert Robert Cramer et le socialiste Laurent Moutinot laisse planer le suspense. Les électeurs décideront-ils de reconduire la majorité de gauche? Préféreront-ils accorder la couleur du gouvernement à celle du parlement où la droite domine? Ou bien confirmeront-ils leur désir de rupture en confiant un siège à l’un des populistes en lice? A l’approche du verdict, l’heure est au bilan du gouvernement sortant.

Les bons points

Pendant quatre ans, les ministres ont mis un point d’honneur à se montrer unis. Cela peut sembler anodin mais, au vu des déchirements qui avaient marqué la législature précédente, l’effort est remarquable. D’autant qu’ils ont réussi à étendre cet esprit constructif et collégial loin à la ronde. Les nombreux accords de paix signés en témoignent: un pacte avec la fonction publique, un autre sur le logement, un troisième sur l’École.

Sans cesse aiguillonnés par un parlement à majorité de droite qui les a poussés au compromis, ils ont produit des réformes de poids. Bien que Genève reste la lanterne rouge en matière de chômage, une nouvelle loi prometteuse a été mise sur pied. Par ailleurs, même s’il reste le plus endetté de Suisse, le canton a amorcé une amélioration de ses finances. Les citoyens en ont profité: les investissements ont grimpé, se concrétisant notamment dans les nouvelles lignes de tram, et les impôts ont baissé.

Les revers

S’ils ont restauré une certaine confiance dans les institutions, les magistrats n’ont pas su endiguer la montée du populisme: le carton du MCG au Grand Conseil le démontre. Des affaires comme celle des bonus princiers des dirigeants des Services industriels de Genève, négligée par Robert Cramer, n’ont pas aidé. Mais le plus grand échec de ce gouvernement reste son incapacité à répondre à la demande de la population concernant la sécurité. Longtemps, Laurent Moutinot a minimisé le problème. Le quartier populaire des Pâquis en est arrivé à s’offrir les services d’une organisation privée.

Les ministres n’ont pas non plus perçu l’inquiétude des Genevois face à la concurrence des frontaliers alors que la crise sévit. Ils ont laissé le MCG occuper le terrain. On peut espérer qu’ils reprendront la main à l’occasion de la votation du 29 novembre sur le CEVA, contré par les anti-frontaliers et l’UDC. Un des nombreux projets d’envergure qui restent bloqués, comme celui de la Praille, les projets immobiliers de Thônex, Meyrin et Lancy ou la traversée du lac, encore au stade embryonnaire.

Le futur Conseil d’Etat devra aussi s’atteler à concrétiser aux yeux des citoyens le projet d’agglomération franco-valdo-genevois. Crucial pour le développement de Genève, il reste abstrait pour les habitants de la région.