Des caméras de surveillance viennent d'être installées le long des axes qui seront les plus fréquentés durant l'Euro 2008 à Genève. Le Conseil d'Etat a fixé mercredi des conditions d'utilisation strictes pour les images qu'elles tourneront.

Neuf caméras ont été disposées sur huit sites. Il y en a par exemple au carrefour de l'Etoile et dans la zone ferroviaire de la Praille, en direction et aux abords du stade; au stade du Bout-du-Monde, lieu du village Eurofoot 08, à la gare de Lancy et au rond-point de Rive. Le dispositif s'étendra bientôt à d'autres lieux du centre-ville et aux abords des missions diplomatiques.

Exploitées par la police, ces caméras serviront à prévenir les infractions et à fournir des moyens de preuve pour toute procédure judiciaire ou administrative.

Les images pourront être visionnées en direct ou enregistrées pour une durée de quatre jours. Elles seront ensuite effacées, sauf en cas d'atteinte aux personnes ou aux biens, auquel cas elles pourront être conservées jusqu'à la fin de la procédure judiciaire.

La police devra tenir à jour une liste des personnes autorisées à visionner les images. Les lieux équipés de caméras seront clairement signalés par des panneaux. La population en sera aussi informée par la Feuille d'avis officielle et les médias.

Le Grand Conseil avait voté en janvier dernier un crédit de 4,7 millions pour financer ce programme. Le débat avait été animé, une partie de la gauche s'y opposant au nom de la liberté menacée ou contestant un coût important «pour trois matches». «Je m'inquiète moins des caméras publiques que de la multiplication des caméras privées, dont il faudra bien s'occuper», avait répondu le conseiller d'Etat socialiste Laurent Moutinot. Selon un décompte effectué récemment par la Ville de Genève, pas moins de 120 caméras installées sur domaine privé surveillent déjà les faits et gestes des Genevois.