Seuls parmi les Suisses, les Genevois réclament un très onusien «droit de résister à l’oppression, lorsque les autorités foulent gravement les libertés fondamentales». C’est le plus original des droits fondamentaux, dont le catalogue s’allonge de façon importante, même si le droit au logement disparaît et si le droit au minimum vital n’a pas réussi à percer. Ainsi les droits des personnes handicapées font leur entrée, de même que le droit à un environnement sain.

La Constituante a aussi opté pour écarter tous les fonctionnaires du parlement, quelle que soit leur position hiérarchique. Qui des enseignants de gauche ou des policiers du MCG ont-ils le plus exaspéré les auteurs de la charte? Ceux-ci ne semblent pourtant pas convaincus qu’il faille se priver complètement d’une catégorie d’élus potentiels passionnés par la chose publique: l’Etat est prié de garder au chaud la place de ses serviteurs qui se feraient élire au parlement.

Référence obligée de la politique genevoise, la laïcité de l’Etat, qui ne subventionne aucun culte, est désormais inscrite noir sur blanc dans la Constitution. On n’a pas osé pour autant effacer les trois lettres grecques «IHS», qui forment le monogramme du Christ et qui coiffent l’aigle de saint Jean et la clé de saint Pierre dans les armoiries. La devise de la République et canton de Genève reste bien sûr aussi celle de la Réforme: «Post tenebras lux».

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