neuchâtel

Genolier a investi la Providence

Le groupe privé GSMN a pris possession de l’hôpital

Depuis vendredi, le groupe Genolier (GSMN) compte une treizième clinique dans son escarcelle, l’hôpital de la Providence à Neuchâtel, «l’acquisition qui a nécessité le plus d’engagement et d’énergie, la plus intéressante aussi, car elle illustre le déficit d’information», commente le président du conseil d’administration, Raymond Loretan. Le transfert a généré une crise, avec grève et manifestations. Fin janvier, 22 grévistes ont été licenciés parce qu’ils exigeaient le maintien de la convention collective CCT 21.

«Conflit social terminé»

Sa décision de s’installer à Neuchâtel prise, Genolier l’a concrétisée dès lundi, provoquant un soulagement dans les couloirs de l’hôpital. L’incertitude était devenue insupportable pour les 320 employés restants. Le personnel de la Providence avait voté à 76% pour le rachat. «Pour nous, le conflit social est terminé», lâche Antoine Hubert, administrateur délégué de Genolier, snobant les 13 ex-grévistes qui manifestaient dans la cour. «Ce qui a été déterminant, explique Raymond Loretan, c’est le signal du Conseil d’Etat in corpore, favorable à notre arrivée.» Vendredi, le président Philippe Gnaegi a confirmé que, jusqu’à fin 2016, la Providence restera sur la liste hospitalière sans devoir appliquer la CCT 21. Genolier a ainsi les coudées franches, même s’il a accepté la charte éthique voulue par la fondation catholique de la Providence, qui reste propriétaire des murs de l’hôpital qu’elle loue. La fondation que préside Antoine Wildhaber restera sans but lucratif et investira l’argent du loyer dans des aides aux patients de la Providence.

Genolier reprend les trois spécialités de l’établissement: orthopédie, ophtalmologie et dialyse. L’hôpital restera ouvert à tous. Sa gestion sera optimisée. Vingt-deux des 330 postes de travail pourront être supprimés, pour atteindre le seuil de rentabilité, «dans quatre ou cinq ans». Le Conseil d’Etat a garanti que ces 22 postes pourraient être transférés à l’Hôpital neuchâtelois. Genolier appliquera son régime de médecins indépendants agréés, flexibilisera les horaires et annualisera le temps de travail dès le 1er mars 2014. Reste une hypothèque: la majorité de gauche du Grand Conseil pourrait exiger, dans une loi, que pour figurer sur la liste hospitalière, il faut appliquer une CCT. «C’est un risque, commente Raymond Loretan. Pas sûr qu’on puisse imposer une convention spécifique dans une loi. Et s’il faut négocier une nouvelle CCT, nous serons partenaires.»

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