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Régulièrement pointés du doigt, les plus jeunes ne représentent qu’un peu moins de 8% des traitements stationnaires liés à l’excès d’alcool.
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Alcoolémie

Moins de gens à l’hôpital à cause de l’alcool

Selon une étude parue ce mardi, le nombre d’admissions à l’hôpital pour cause d’alcoolémie excessive diminue. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en perspective

Addiction Suisse l’affirme: les admissions à l’hôpital pour cause d’intoxication alcoolique sont en baisse. Basée sur des chiffres mis à disposition par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la fondation indépendante constate ce déclin dans toutes les classes d’âge entre 2008 et 2014. Egalement constatée en Allemagne et en Autriche voisines, cette diminution succède à un pic sans précédent enregistré entre 2003 et 2008.

Pourquoi les excès diminuent

«C’est un phénomène complexe», indique d’emblée Corine Kibora, porte-parole d’Addiction Suisse. Elle avance certains facteurs: «En 1999, l’harmonisation du taux d’imposition des alcools indigènes et étrangers a conduit à une baisse des prix généralisée. Peu onéreux et facilement accessibles, les alcoopops, mélanges prêts à l’emploi, déferlent sur le marché suisse.» Avec pour conséquence l’explosion du nombre d’intoxications alcooliques chez les jeunes.

«Leur retaxation en 2006, les politiques de prévention mises en place et l’interdiction de vente de certains spiritueux en soirée expliquent en partie les chiffres constatés ici», explique la porte-parole.

En 2015, une étude parrainée par l’OMC avait entre autres évoqué l’effet «bénéfique» des nouvelles technologies: les jeunes de 15 ans interrogés reconnaissaient passer trois heures par jour devant un écran. La recherche en avait déduit que, comme ils passaient plus de temps chez eux, les occasions de boire s’en trouvaient logiquement diminuées. Au risque de négliger activités et amitiés dans la vie réelle, mettait-elle toutefois en garde.

Les comportements diffèrent par classe d’âge

Les chiffres globaux des hospitalisations en 2014 sont encourageants, avec un retour des indicateurs aux taux observés en 2003. Les statistiques concernant les 10 à 23 ans demeurent cependant inquiétantes, puisqu’elles restent 26% supérieures à 2003.

Régulièrement pointés du doigt, les plus jeunes ne représentent qu’un peu moins de 8% des traitements stationnaires. Les chiffres résument donc une situation où les plus jeunes sont proportionnellement plus fréquemment hospitalisés, mais dans laquelle 92% des admissions concernent les 23-74 ans. Après un pic d’admissions en 2008, les statistiques relatives à la classe d’âge la plus basse annoncent en outre une diminution annuelle constante jusqu’en 2014. 

Des résultats à nuancer

Si les conclusions de l’étude sont encourageantes, celles-ci ne prennent cependant en compte que les occurrences de «traitements stationnaires». En d’autres mots, les séjours hospitaliers d’au moins 24 heures ou une nuit complète. Peut-on donc pour autant en conclure que les gens boivent moins?

«On ne peut pas faire de lien direct, confirme Corine Kibora: une partie du déclin des traitements stationnaires est imputable au développement des procédures ambulatoires, ajoute-t-elle, indiquant toutefois que ces dernières montrent également des signes de baisse. Un phénomène constaté au CHUV, où les 4 cellules de dégrisement disponibles ont finalement été réaffectées par manque d’occupation.

Quel pronostic pour le présent?

Basées sur des données récoltées entre 2003 et 2014, les statistiques n’existant pas pour les années précédentes, l’étude souffre malheureusement du manque de chiffres antérieurs pour en saisir pleinement la portée. La période en question apparaît également quelque peu surannée compte tenu du caractère promptement évolutif du sujet. 

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