Philipp Müller est l'homme-orchestre de la campagne visant à ramener à 18% la population étrangère en Suisse. C'est lui qui, en solitaire, a rédigé le texte de l'initiative et récolté une bonne moitié des signatures nécessaires à son aboutissement – le tout à ses frais. Depuis peu, il apparaît donc dans tous les médias du pays et, à mesure que l'on approche du 24 septembre, sa notoriété est destinée à croître encore. Il sera donc utile d'avoir cerné d'emblée le personnage.

Pour expliquer son action, Philipp Müller avance des arguments apparemment empreints d'une grande mesure. Il aime les chiffres et les statistiques, pas les tirades stigmatisant la criminalité des étrangers ou l'incapacité de ces derniers à s'adapter à la culture nationale. Pour un peu, il voudrait nous faire croire, la main sur le cœur, qu'il est le meilleur ami des étrangers.

L'emballage, cependant, ne doit pas tromper sur la marchandise. Si l'initiative était acceptée, il faudrait, notamment, que 100 000 ressortissants étrangers vivant en Suisse plient bagage à brève échéance. Philipp Müller est un xénophobe, et ceux qui gravitent autour de lui ne s'y sont pas trompés, que ce soit Bernhard Hess, qui représente au parlement le parti d'extrême droite des Démocrates suisses, ou Luzi Stamm, encore un radical extrême dont on dit qu'il pourrait bientôt occuper un poste à la direction de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN). Comme le souligne l'adage, qui se ressemble s'assemble.