«Un mystère»

Le regard de Georg Lutz, de l’institut FORS (Université de Lausanne): «Le PVL [Parti vert’libéral] reste une surprise dans le paysage politique. Après les élections de 2011, il a progressé dans presque tous les cantons. Mais le chemin pour l’établir durablement est encore long. Il faut le transformer de son état de «start-up» en formation politique disposant d’une base solide répartie sur beaucoup de cantons et de communes. Son image reste très centrée sur son président et fondateur, Martin Bäumle. Ses autres figures ne sont pas assez connues pour être des cartes de visite.

En 2011, le parti a progressé grâce à son label vert et libéral, mais sans disposer de programme politique. Ce label lui a permis d’attirer des électeurs qui jugent le PS et les Verts trop à gauche et trouvent que les autres partis centristes ne s’occupent pas assez d’écologie. Mais le PVL reste un mystère sur beaucoup d’enjeux politiques. Il veut souvent être «pragmatique», mais le pragmatisme n’est pas un programme qui mobilise et fidélise des électeurs à long terme.

Sans l’attrait de la nouveauté, le PVL va se retrouver confronté aux mêmes problèmes que tous les petits partis qui peinent à se faire entendre dans les médias. De plus, les autres formations seront beaucoup plus attentives aux apparentements et calculeront si cela sert leurs intérêts ou ceux du PVL. Celui-ci risque ainsi de perdre des sièges même s’il gagne des voix. Or, le PVL est presque obligé de gagner en 2015 pour ne pas risquer de disparaître aussi vite que la majorité des petits partis nés ces dernières décennies.»