«Un triple défi»

Le regard de Georg Lutz, de l’Institut FORS (Université de Lausanne): «Il est rare en Suisse qu’un petit parti survive aussi longtemps que les Verts. Ils ont pu créer une base forte ces trente dernières années dans la plupart des cantons et les grandes communes. Cela donne une assise suffisante pour surmonter les périodes où le parti est en recul, comme actuellement.

Mais les Verts doivent relever trois défis. Premièrement, ils sont jugés monothématiques par l’électorat: c’est le parti de l’environnement. Cela peut être un avantage électoral si ce thème fait partie des préoccupations du moment, mais c’est un désavantage lorsque d’autres problèmes sont jugés plus importants. Le parti est cependant contraint de mettre constamment ce sujet en avant, et il faut constater qu’il ne peut influencer l’agenda poli­tique que de manière limitée.

Deuxièmement, la base du parti est très identique à celle du PS. Presque tous les électeurs des Verts peuvent s’imaginer voter pour le PS, car leurs positions sur la plupart des enjeux politiques se recoupent. Donc, les Verts sont en concurrence directe avec leur allié politique le plus proche. Heureusement pour eux, et contrairement aux partis de droite, Verts et socialistes ont toujours réussi à cacher cette concurrence en public.

Troisièmement, les Verts doivent trouver un équilibre entre deux approches. D’une part, ils doivent afficher des idées novatrices et provocantes afin d’être attractifs pour les jeunes. De l’autre, ils doivent présenter des propositions concrètes et pragmatiques afin que l’électorat urbain les prenne au sérieux.»