On ne sait pas encore combien de Darbellay seront candidats au Conseil d'Etat valaisan en mars 2005, mais on sait depuis samedi qu'il y en aura au moins un: Georges, 44 ans, physicien à l'EPFL, habitant Martigny et élu en 2001 député suppléant dans les rangs du PDC. Georges Darbellay, également coordinateur romand de l'Initiative des Alpes, entre pourtant dans l'histoire en devenant le premier Vert à briguer un siège au gouvernement valaisan. Il a en effet claqué la porte du PDC après avoir constaté «qu'il est difficile de faire avancer les idées écologistes dans ce parti, même si le PDC prétend leur faire une place. Et face à des notions comme le développement durable ou les énergies renouvelables, le discours ne va pas plus loin qu'un timoré oui mais…»

Sa dernière tentative électorale, Georges Darbellay l'avait effectuée l'automne dernier comme candidat au Conseil national sur une liste du PDC… vaudois. Aujourd'hui, c'est à un monolithe qu'il entend s'attaquer, un Conseil d'Etat trop monocolore à son goût pour représenter toute la population valaisanne: «Avec trois PDC et un radical, cela fait quatre représentants du centre droit sur cinq conseillers d'Etat. Demander de choisir entre PDC et radical, c'est demander de choisir entre centre droit et centre droit, entre bonnet blanc et blanc bonnet. Les Valaisans tournés vers l'avenir, vers un développement maîtrisé, inscrit dans la durée et bénéficiant au plus grand nombre, ne sont représentés que par un seul membre du gouvernement.»

Sous-entendu le socialiste Thomas Burgener. Très peu présents dans un canton où ils sont encore largement assimilés à des ennemis publics, les Verts valaisans ont pour habitude de jouer les apparentements avec le grand frère rouge. Il pourrait en aller de même cette fois-ci, même si Georges Darbellay se définit «tendance Brélaz plutôt que Ménétrey» et prétend défendre «une écologie à la valaisanne, consciente des contraintes et des sensibilités spécifiques de ce canton en la matière, une écologie plus scientifique aussi et moins politique.»

Sur un point important, pourtant, il se sépare de la gauche, puisqu'il milite en faveur de la nouvelle péréquation financière, qui permettrait d'éviter certains abus bien valaisans: «Le système actuel n'est pas satisfaisant, c'est un encouragement aux dépenses excessives. Par exemple, les routes forestières sont subventionnées à 95%, donc allons-y gaiement, on fait trois fois le tour de la montagne. En matière d'infrastructures routières, la Confédération ne finance pas les objets en dessous de un million. On se lance donc dans des projets de plus grande ampleur uniquement pour être subventionné, ce qui n'est ni écologique ni financièrement responsable.»

Enfin, ce natif du Borgeaud, au-dessus de Martigny, adopte sur le brûlant dossier de la réforme hospitalière une position claire: «On doit choisir: si on veut une médecine de pointe, on doit admettre qu'elle n'est pas possible dans tous les hôpitaux de district.» Georges Darbellay ne fait donc pas partie des défenseurs de la maternité de Martigny, condamnée par la planification. Quant à l'avenir des idées écologistes en Valais, le candidat des Verts se prend à rêver et évoque «l'Islande, qui a un plan prêt pour l'abandon total des énergies fossiles dès 2030, au profit de l'énergie hydroélectrique, des éoliennes, de la biomasse et du solaire.»