Non, Georges Godel n’est pas au gouvernement parce qu’il est agriculteur. L’explication que «il y a toujours un ou deux agriculteurs au Conseil d’Etat» ne fonctionne pas avec lui. A la tête de l’Aménagement et des Constructions – et donc des routes –, il a repris en main un domaine qui en avait besoin.

Né en 1952, ce démocrate-chrétien est arrivé en 2007 au gouvernement. Après Isabelle Chassot et Beat Vonlanthen élus au premier tour, il s’était représenté seul au deuxième. Son parti avait décidé que Jean-Pierre Siggen, avec moins de voix, sortirait de la course. Avec un fort réseau, la réélection de Georges Godel en 2011 paraît assurée.

Il est connu pour son exigence. Il n’hésite pas à se séparer de ses collaborateurs qui ne correspondent pas à ses attentes. Après le scandale de la route de contournement de Bulle qui a coûté environ 80 millions de plus que prévu, l’ingénieur cantonal en a fait les frais.

«Il ne connaissait pas la situation exacte. C’est une faute grave selon moi et je ne peux pas travailler sans confiance», explique le magistrat. Après cette affaire, il a fait de la transparence une fin en soi. Désormais les coûts exacts du projet de pont de la Poya sont transmis régulièrement au Grand Conseil par ses services.

Densifier en décentralisant

Sous sa direction, la Poya a justement pris un sérieux coup d’accélérateur. La gauche le reconnaît. C’est lui qui a trouvé la solution de galerie souterraine pour l’arrivée vers la patinoire de Saint-Léonard. «J’aime le hockey, rigole-t-il. Il fallait laisser de la place libre aux supporters de Gottéron.»

A la tête de l’Aménagement, il a eu pour but de changer la réputation de Fribourg. La politique du canton est désormais de tout miser sur la densification. Les constructions dispersées n’ont plus raison d’être.

«Il faut densifier en décentralisant autour de points stratégiques forts», ajoute-t-il. Les centres commerciaux qui ont poussé autour de Bulle, et leurs parkings qui les entourent, ont fâché. «Désormais les parkings doivent être construits en sous-sol.»

Autre dossier empoigné par Georges Godel: le lieu d’accueil pour les gens du voyage. Cela a longtemps été un sujet de discorde à Fribourg, mais aussi avec la Confédération. Le démocrate-chrétien est finalement parvenu à proposer un emplacement qui correspond aux attentes de chacun, à Sâles. Le projet se réalisera dans les années qui viennent.

«Un constructeur de routes»

La gauche parle de lui comme un «constructeur de routes», «un adepte du goudronnage». Lui s’en défend: «Quand je suis arrivé, de nombreuses routes étaient en mauvais état. Il a fallu rattraper notre retard.»

Il lui reste beaucoup de défis à relever: la mobilité – dont il héritera en janvier – et les routes bien sûr, mais aussi la démographie galopante de Fribourg et le développement territorial qui l’accompagne. Il devra aussi maîtriser les velléités des communes qui voudront poursuivre leur aménagement sans devoir en référer à l’Etat.