Adversaire malheureux de Rolf Schweiger l'an dernier, le Lucernois Georges Theiler, né en 1949, élu au Conseil national depuis 1995, brigue la présidence du Parti radical pour la deuxième fois. Paradoxalement, ce protestant lucernois est plus extraverti que son concurrent latin. Entré tard en politique – il avait 35 ans lorsqu'un ami lui a proposé d'être candidat au Grand Conseil – c'est avec une forme d'enthousiasme naïf qu'il exprime sa foi dans le radicalisme. Cet ancien joueur de basketball évoque également volontiers son passé sportif pour exalter l'esprit d'équipe.

Georges Theiler a longtemps passé pour un hardliner, c'est-à-dire pour un dur en matière économique. Fort éloigné des milieux de la finance et des organisations économiques, il est typiquement l'homme des PME. Ingénieur de formation, entrepreneur, il possédait jusqu'en 1998 une entreprise qu'il a vendue à Batigroup. Depuis lors, il occupe plusieurs mandats d'administrateur. S'il a quelque peu glissé au centre depuis ses débuts en politique – sous l'influence de ses trois filles, convient-il – il n'en décline pas moins un credo libéral d'une totale orthodoxie, accompagné d'une ouverture modérée sur les problèmes de société. Dans un premier temps opposé, Georges Theiler a fini par s'engager pour le congé maternité, la légalisation de la consommation de cannabis et l'adhésion à l'ONU. Préférant le centime climatique à la taxe sur le CO2, il est favorable à la limitation du droit de recours des organisations écologistes comme à la suppression de l'aide sociale aux requérants d'asile déboutés. Sur la question européenne, il affiche l'attitude typique de la majorité de la droite alémanique: oui aux Bilatérales, mais la plus extrême prudence à propos de l'adhésion à l'UE et une grande méfiance envers le prosélytisme du Bureau de l'intégration.

Si Georges Theiler a montré jusqu'ici des limites, c'est au niveau tactique, dans la gestion de sa campagne. L'intervention malheureuse du sulfureux Filippo Leutenegger, pour éviter la parution d'un portrait peu agréable dans le Bund, l'a méchamment desservi.