GENEVE

Des Géorgiens crient leur colère à Genève

120 personnes face à la mission russe.

Drapeaux géorgiens et pancartes dénonciatrices devant la mission permanente de la Fédération de Russie, hier en fin de journée. Une voix s'élève, celle de Levan Menagarishvili, Géorgien de Suisse: «Nous ne sommes qu'une goutte dans l'océan, mais nous sommes importants.» Cette goutte dans l'océan - environ 120 personnes - a pacifiquement protesté devant le Palais des Nations avant de grimper jusqu'à la mission russe, sécurisée par un dispositif policier.

Une bonne partie des manifestants a tenu à garder ses distances vis-à-vis du gouvernement géorgien. La plupart se sont réunis pour «soutenir le peuple» de ce petit pays du Caucase. Bien que pacifiques, les manifestants brandissaient des slogans condamnatoires. «Nous sommes prêts à mourir, mais nous ne serons jamais les esclaves de la Russie», proclamait une pancarte, alors qu'une autre prônait simplement «Russie: arrête de terroriser la Géorgie». Plus sereinement, une jeune Géorgienne a écrit une chanson pour son pays, que ses compatriotes ont repris en cœur devant l'ONU.

La porte en acier de la mission ne s'est pas ouverte, et seuls quelques policiers municipaux patrouillaient devant le bâtiment. Lorsqu'une personne la quittait, la petite foule scandait «honte, honte» en russe, langue qu'ils maîtrisent presque tous.

Mais entre les cris et les chants, beaucoup des manifestants se sont éclipsés pour contacter leur famille restée au pays. «Je les appelle tous les jours. Nous avons peur que les Russes se comportent comme en Tchétchénie», déclare Nunu Mchedlishvili, étudiante. Qui fond en larmes. D'autres n'ont plus aucune nouvelle. «Toute la famille est sous le choc. On ne peut plus appeler à cause des lignes téléphoniques coupées», explique Guiorgu Arochidze.

L'incompréhension et l'inquiétude règnent chez les ressortissants géorgiens. «On est anéanti. Les Géorgiens sont inoffensifs. Ça fait vingt ans qu'ils souffrent. Maintenant on leur inflige la guerre», s'inquiète Ekaterina Tshetshelachvily, comédienne. Les épaules entourées du drapeau rouge et blanc de son pays, le jeune Sergei Bagdasgrian affirme qu'il n'a rien contre les Russes. «Mais maintenant, je commence à avoir de la colère.»

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