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Géraldine Savary, une élue qui assume

Après une ascension réussie, la politicienne a sous-estimé les risques que sa nouvelle stature de notable faisaient courir à sa propre image, puis à celle de son parti. Elle en tire les conséquences

Il y a quelque chose de poignant dans la trajectoire de Géraldine Savary et dans le message abrupt avec lequel elle annonce la fin prochaine de sa carrière politique.

Politicienne tout à la fois compétente, habile et séduisante, elle a pu longtemps se flatter d’un parcours sans faute qui a fait d’elle, aux élections fédérales de 2015, la plus populaire des élus vaudois sous la coupole fédérale. Par son travail, dans les dossiers de la formation, des transports et de la sécurité notamment, elle était devenue pour son parti, le PSS, une figure de proue et une sénatrice apparemment indétrônable.

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Mais, après son ascension réussie, elle a sans doute sous-estimé gravement les risques que sa nouvelle stature de notable pouvaient faire courir à sa propre image, puis à celle de son parti. A coup de voyages pour happy few en Russie, à force de campagnes électorales financées par un entrepreneur milliardaire, le halo de la militante socialiste se ternit. Au final, dans un parti coutumier des leçons de morale données aux autres et qui ne cesse de réclamer que la politique se fasse à livre de comptes ouvert, les révélations récentes font mal. Géraldine Savary a été victime de la transparence, plus précisément de l’exigence de transparence qui s’impose, avec toujours plus de force, aux politiciens de tout bord.

La conseillère aux Etats vaudoise est touchée en même temps que d’autres par les affaires de voyages, d’avantages reçus, de financements prétendument désintéressés dans le pernicieux mélange entre public et privé. Elle est la seule à ce jour à en tirer les conséquences personnelles, que l’on imagine aussi douloureuses que la pression accumulée ces derniers mois. Du coup, sa décision de femme politique, quelle qu’­en soit la motivation profonde, ne manque pas de panache.

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