Le président du Parti socialiste genevois, Gérard Deshusses, réagit aux difficultés que traverse la formation entre démissions, règlements de comptes et critiques par médias interposés. Il explique quel était le mandat de l’ancien conseiller d’Etat Laurent Moutinot, appelé à la rescousse au printemps dernier pour pacifier la situation, comme l'a révélé la Tribune de Genève jeudi. 

Démissions, règlements de comptes, accusations tous azimuts, c’est la crise au Parti socialiste genevois…
Gérard Deshusses: Il faut arrêter de parler de crise comme si absolument tout allait mal. Comme dans tous les partis, il y a au sein de notre formation différents courants politiques qui peuvent parfois s’affronter, comme récemment sur la réforme de l’imposition des entreprises (RFFA). C’est un processus normal et sain. La réalité, c’est que la nouvelle députation, composée de fortes personnalités, n’a pas réussi à trouver ses marques. Face à ces difficultés, le comité directeur a décidé, au printemps dernier déjà, de faire appel à l’ancien conseiller d’Etat Laurent Moutinot en qualité de médiateur externe. Ce n’est pas la première fois qu’une telle démarche est entreprise, il n’y a pas lieu d’en faire une affaire d’Etat.

Quel était son mandat?
Laurent Moutinot était chargé d’analyser la situation et d’y apporter des esquisses de solution. L’ensemble du groupe socialiste a accepté son intervention. Fin avril, début mai, il a discuté avec chacun des membres de la députation. Une réunion s’est ensuivie fin juin, avec l’objectif de rédiger une charte qui rappelle les règles de conduite, les modes de fonctionnement du parti ou encore la manière de s’adresser aux gens. Ce travail est en cours. Je peux aujourd’hui certifier qu’il y a, au sein du parti, la volonté de retrouver un équilibre et une certaine sérénité.

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Si tout est sur le point d’être réglé, comment expliquer le récent départ de Jean-Charles Rielle après plus de trente ans d’engagement?
Il s’agit d’un cas particulier. Jean-Charles Rielle est parti très fâché parce que je lui ai rappelé par écrit que sa présence aux caucus était obligatoire. C’était mon devoir de président, je regrette que cela se termine ainsi.

Quid de ses accusations de clientélisme?
De quoi parle-t-on? Si on évoque le lien entre ambition politique et ambition personnelle, ces propos très généraux pourraient être appliqués à n’importe quel parti. Certains imaginent qu’en s’engageant en politique les choses vont être plus faciles pour eux au niveau professionnel, qu’ils vont pouvoir servir et se servir en même temps. Les motifs profonds qui poussent les membres à adhérer au parti, je ne les connaîtrai jamais et je vis avec. Par contre, s’il s’avère que certains ont obtenu des avantages illégaux, il est entendu que je ne le tolérerai pas.

Il n’empêche, les élections municipales s’annoncent périlleuses, d’autant que le duo socialiste ne semble pas particulièrement uni…
Rien n’est jamais gagné d’avance en politique. Notre objectif est de conserver l’ensemble de nos sièges dans les délibératifs comme dans les exécutifs municipaux, et même d’en augmenter le nombre, notamment en ville de Genève, pour retrouver la majorité et préserver nos deux sièges au Conseil administratif. En ce qui concerne nos deux candidats, Sami Kanaan et Christina Kitsos, je n’ai pas constaté de mésentente entre eux. Je me méfie de ces rumeurs qui ne proviennent pas forcément de l’interne. A l’époque, j’avais entendu des histoires similaires lors de la campagne de Sandrine Salerno et Manuel Tornare. Ils avaient parfaitement collaboré par la suite.

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