brexit

Pour Gerhard Pfister, «l'Union européenne a trop ignoré les identités nationales»

Pour le président du PDC, réputé conservateur, les Britanniques ont donné le signal que l’UE doit se réformer

Etes-vous surpris par le choix des Britanniques de sortir de l’UE?

Non, car l’issue du scrutin a toujours été ouverte. Les Britanniques ont donné le signal que l’UE doit se réformer. Un peu partout en Europe, les citoyens ne voient plus les avantages du projet de l’UE. Les turbulences de l’eurozone en raison de la Grèce et la crise migratoire ont laissé des traces que les dirigeants de l’UE ont sous-estimées.

– Qu’est-ce que l’UE a fait de faux ?

– Elle s’est éloignée de son projet originel, qui était de pacifier le continent, puis de créer un grand marché intérieur. Or, elle est devenue trop bureaucratique, trop peu fédéraliste. Elle a trop ignoré les identités nationales.

– Qu’est-ce que ce vote signifie pour la Suisse ?

– Il ne faut pas exagérer les conséquences qu’aura ce vote, positives comme négatives. La Suisse reste un pays européen, la Grande-Bretagne aussi.

– Concernant l’avenir de la voie bilatérale, pensez-vous que la Suisse pourra encore négocier une solution commune concernant la libre circulation des personnes?

– Cela sera difficile, mais pas impossible. Si la Suisse et l’UE ne trouvent pas de solution d’ici à février 2017, le Conseil fédéral devra régler le problème unilatéralement dans le cadre d’une ordonnance.

– Cela ne va-t-il pas fâcher l’UE ?

– Le but est de mieux maîtriser l’immigration, pas de fâcher l’UE.

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