Selon plusieurs sources concordantes, c'est bien le Schaffhousois Gerold Bührer qui sera proposé ce mercredi pour succéder à Franz Steinegger à la tête du Parti radical suisse (PRD). L'Uranais doit faire connaître aujourd'hui la date de son départ de la présidence et tout laisse penser que sa succession sera réglée lors de la prochaine assemblée générale du PRD, qui aura lieu le 7 avril à Genève. Gerold Bührer, 52 ans, marié et père de deux filles, est devenu le favori à la succession de Franz Steinegger depuis que l'Appenzellois Hans-Rudolf Merz a renoncé à se porter candidat.

Ce représentant de l'aile économique pure et dure du PRD, proche d'economiesuisse (ex-Vorort), s'intéresse à la présidence du PRD depuis pas mal de temps. Il s'est d'ailleurs mis en situation de reprendre un tel poste lorsqu'il a été libéré, l'automne dernier, de sa fonction de directeur financier du groupe industriel Georg Fischer, pour le compte duquel il n'assume désormais plus que des mandats. On lui prête cependant l'intention de ne pas s'intéresser qu'à la présidence du PRD, mais aussi au Conseil fédéral. En coulisses, on murmure que c'est cette double ambition qui a empêché le comité de candidature de l'introniser comme dauphin officiel de Franz Steinegger dans le cadre de l'assemblée que le PRD a tenue le 13 janvier à Olten. L'affaire semblerait désormais clarifiée: en prenant la présidence du parti, Gerold Bührer réduit sérieusement ses chances de succéder à Kaspar Villiger en 2003.

Spécialiste des questions financières et fiscales, Gerold Bührer défend une politique plutôt stricte dans le domaine social, ce qui lui vaut de solides inimitiés du côté romand. Ce n'est pas sans raison que les députés latins avaient défendu la candidature de l'effacé Soleurois Peter Kofmel pour remplacer Franz Steinegger. Avec Gerold Bührer, le PRD risque en effet de glisser sur son flanc droit, ce qui ne manquera pas d'engendrer des frictions avec la minorité romande.