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Conférence de presse sur la gestion financière de l’Hôpital fribourgeois: (de g. à dr.) la conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre, directrice de la santé, Georges Godel, président du gouvernement cantonal, et Irène Moullet, cheffe du service de l…
© Anthony Anex/Keystone

Tensions

La gestion de l’Hôpital de Fribourg clouée au pilori

Deux audits de l’Inspection des finances accablent l’institution, en crise depuis des mois. Le conseil d’administration relativise les critiques, alors que les syndicats appellent à la démission de son président

L’Hôpital fribourgeois (HFR) est malade. Et le diagnostic est des plus alarmants. Ce vendredi, le Conseil d’Etat a rendu publics deux rapports de l’Inspection des finances réalisés l’un sur la gestion financière de l’institution, l’autre sur sa politique salariale. Ils sont accablants. Le président du gouvernement cantonal, Georges Godel, n’hésite pas à parler de «fiasco» et de «chaos financier».

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Menés entre février et juin, les audits pointent d’«importantes lacunes». Il en ressort principalement que la comptabilité analytique de l’HFR n’est pas utilisée comme véritable outil de gestion et offre des résultats difficilement exploitables. De plus, l’établissement du budget ne repose sur aucune procédure formalisée. «Le processus est très centralisé, en main de la seule direction, analyse Irène Moullet, cheffe du Service de l’inspection des finances. Les différents services ne sont pas impliqués et ne reçoivent aucun objectif en termes budgétaires.»

Plans d’investissement incohérents

Ce n’est de loin pas tout. Les audits ont révélé des incohérences dans les plans d’investissement. Pour ne citer qu’un exemple, le projet «monitoring» apparaît à hauteur de 570 000 francs dans la liste du conseil d’administration, mais de 1,1 million dans celle du conseil de direction. Enfin, un coup de sonde parmi les contrats d’engagement du personnel a montré l’absence de cahier des charges pour près de la moitié des dossiers.

Le Conseil d’Etat se refuse à pointer du doigt d’éventuels responsables. Le conseiller d’Etat Georges Godel espère néanmoins que «les personnes qui auraient fait preuve de laxisme, voire d’incompétence, en tireront les conséquences par eux-mêmes, certaines l’ont déjà fait d’ailleurs». Pour rappel, l’ancienne directrice générale Claudia Käch a jeté l’éponge en février et la démission de la directrice financière a été annoncée le mois suivant.

Vu l’urgence, les autorités cantonales demandent à la direction de l’HFR d’engager des mesures opérationnelles «sans délais». Elles exigent également du conseil d’administration qu’il présente d’ici à la fin du mois d’août une série de dispositions pour remédier à la situation. «Attention, il faudra trancher dans le vif, prendre des décisions fortes, prévient enfin Georges Godel. On ne pourra pas soigner un cancéreux avec des cachets d’aspirine.»

Le conseil d’administration relativise

Face à ces virulentes critiques, le conseil d’administration de l’HFR se défend. S’il admet qu’il y a beaucoup d’éléments à améliorer dans la gestion financière de l’hôpital, son vice-président, Pierre Aeby, dénonce «une mise au pilori» et «des méthodes brutales» de la part du Conseil d’Etat: «Nous n’avons pu prendre connaissance du rapport qu’en même temps que la presse.» Il comprend d’autant moins les attaques que des travaux ont été lancés depuis le début de l’année et qu’une nouvelle direction vient d’entrer en fonction. «Ce n’est pas le moment de changer le conseil d’administration, il faut au contraire le laisser continuer son travail», plaide Pierre Aeby. De leurs côtés, plusieurs syndicats ont publiquement demandé la démission du président du conseil d’administration, Philippe Menoud.

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Reste que ces nouveaux audits ébranlent encore davantage une institution en pleine tourmente depuis ce début d’année et qui se débat avec des déficits cumulés de 40 millions de francs: rapport très sévère concernant la gouvernance de l’hôpital, grève en réaction à la proposition de changement de statut du personnel, tensions suite à l’externalisation des services de buanderie, empoignades au Grand Conseil ou encore grogne en Gruyère à la suite de l’annonce de la fermeture la nuit du bloc opératoire du site de Riaz.

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