Le président du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a été reçu en grande pompe par le Conseil fédéral vendredi à Berne. Les liens entre les deux pays sont très anciens, comme l’a rappelé le président ghanéen. Des missionnaires bâlois s’étaient installés dès le XIXe siècle sur la Côte-de-l’Or, soit le futur Ghana, qui a gagné son indépendance en 1957. On doit aux religieux suisses d’avoir généralisé la culture du cacao, première richesse de ce pays anglophone de 28 millions d’habitants.

Le Ghana est le deuxième partenaire économique de la Suisse en Afrique subsaharienne après l’Afrique du Sud. L’importation de cacao et surtout d’or ghanéen constitue l’écrasante majorité de la valeur des échanges entre les deux pays, estimés à 2,5 milliards de francs l’an dernier.

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Mais le Ghana est déterminé à passer à un autre stade de développement. «Le Ghana ne veut plus être dépendant de l’exportation de matières premières», a martelé Nana Addo Dankwa Akufo-Addo devant le Conseil fédéral, au premier jour de cette visite d’Etat. Samedi, le président ghanéen visitera une fabrique de chocolat dans la campagne bâloise. Le Ghana compte bien fabriquer lui-même du chocolat. «Notre future prospérité dépendra de la diversification de notre économie et il nous faut monter dans la chaîne de création de valeur», a poursuivi Nana Addo Dankwa Akufo-Addo.

Fabriquer du chocolat

«C’est un désir compréhensible», lui a répondu la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, en assurant que la Suisse avait des «connaissances et du savoir-faire à partager». «Nous avons besoin de matières premières et vous les avez. Le commerce doit être bénéfique aux deux pays», a plaidé la conseillère fédérale. La Suisse héberge de nombreuses sociétés de négoce et de grands fabricants de chocolat, qui comptent sur le cacao ghanéen, premier producteur mondial avec la Côte d'Ivoire. Plusieurs raffineurs d’or sont aussi installés en Suisse, un marché plus opaque que celui du cacao. Simonetta Sommaruga a rappelé que la conduite des multinationales basées en Suisse suscitait des débats politiques enflammés, faisant référence, sans la nommer, à l’initiative sur les multinationales, sur laquelle les Suisses pourraient bientôt se prononcer.

Les atouts du Ghana

Le Ghana a des atouts à faire valoir. Le pays, havre de stabilité en Afrique de l’Ouest, connaît une croissance économique de 7% depuis l’élection de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. Le président a vanté le respect des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit pour attirer les investisseurs. Le Ghana accueillera aussi le secrétariat de la zone continentale de libre-échange africaine, qui entrera en vigueur cet été et constituera le plus grand marché au monde, avec 1,2 milliard d’habitants.

La Suisse et le Ghana ont convenu de stimuler les investissements helvétiques dans le pays d’Afrique de l’Ouest. Lors de la conférence de presse, Simonetta Sommaruga a évoqué des investissements conjoints dans l’énergie photovoltaïque. Les deux pays ont aussi signé une déclaration d’intention pour renforcer leur coopération environnementale, notamment sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.