Les milliers de véhicules attendus sont venus buter ce week-end sur le chantier autoroutier de Glion. Soumise à une météo maussade, la transhumance de retour des vacances pascales n'en a pas moins partiellement déjoué les prévisionnistes. Annoncé dimanche en fin d'après-midi dans le sens Valais-Vaud, le pic du bouchon s'est en fait produit samedi, de la fin de la matinée à la fin de la journée.

Peu avant la jonction de Villeneuve, à l'entrée du tronçon bidirectionnel, les files ont dépassé 5 kilomètres au milieu de l'après-midi de samedi, et le passage par la rive sud du Léman a été brièvement recommandé. Il fallait alors compter une heure pour effectuer le trajet Aigle-Vevey.

Dans le sens Vaud-Valais en revanche, le trafic est presque toujours resté fluide. Dimanche, c'est entre 16 h 00 et 17 h 00, et toujours dans le sens Valais-Vaud, que le trafic a été le plus dense, avec quelque 45 minutes pour relier Aigle à Vevey.

Insoumis amendés

La grande majorité des conducteurs ont su se montrer patients, et la Riviera n'a pas été submergée de véhicules cherchant à quitter l'autoroute. Les «feux de retenue» mis en place entre Villeneuve et Vevey ont joué leur rôle. «Malheureusement, on observe une minorité de comportements dangereux», regrettait Georges Favre, chef du centre d'intervention de Rennaz.

Renforcées, les patrouilles de gendarmes ont sanctionné des phalanges d'automobilistes remontant la colonne sur la bande d'arrêt d'urgence. Il a également fallu tranquilliser l'aire de repos d'Aigle, utilisée comme raccourci par certains, et mettre le holà à l'usage de son accès de service comme d'une sortie de secours. Les dénonciations – coûtant à chaque fois plusieurs centaines de francs – sont tombées dru.

Dans le tunnel lui-même, ces premiers jours de trafic bidirectionnel ont été marqués de peu d'incidents: une panne, une touchette, le chargement d'un camion partiellement perdu. La police a tenu le temps d'intervention de cinq minutes qu'elle s'est fixé.

Lenteur énigmatique

La fameuse «fermeture éclair», qui demande aux conducteurs d'arriver sur deux files, et de s'engager à tour de rôle dans le tronçon à chaussée unique, fonctionne à peu près bien: «Il est plus difficile de comprendre pourquoi la montée du viaduc précédant le tunnel s'effectue si lentement, et pareillement en accordéon», notait le chef du centre d'entretien de Rennaz, Denis Detrey. Le débit visé de 1400 véhicules à l'heure est difficilement atteint.