Suite à la fermeture du tunnel du Gothard, les transporteurs italiens et les milieux économiques tessinois font pression pour que la Confédération autorise les poids lourds à rouler la nuit. Le président de l'Association des industries tessinoises, Sandro Lombardi, craint que l'économie locale ne perde des millions de francs.

Le Conseil d'Etat tessinois a mis sur pied un groupe de travail chargé d'évaluer les conséquences pour le canton et se prononcera aujourd'hui mercredi sur des premières mesures.

Pour l'Office fédéral des routes, un assouplissement de l'interdiction de rouler la nuit n'entre pas en ligne de compte pour le moment: «Il risquerait d'engorger définitivement l'axe du San Bernardino», répond Frédéric Revaz, son porte-parole.

Malgré des travaux en cours sur des ouvrages d'art au sud du col qui ne peuvent être interrompus, le San Bernardino reste le passage le plus attractif pour traverser les Alpes en Suisse. Mais sur le versant méridional mardi, les véhicules n'ont pu avancer qu'au pas sur une longueur de 15 kilomètres. Les poids lourds, qui n'ont pas le droit de se croiser dans le tunnel, ont été retenus en moyenne 90 minutes avant d'être lâchés par petits groupes.

«La place de parc de l'Europe»

Alors que plus de 2000 camions ont transité mardi par les Grisons, le conseiller d'Etat, Stefan Engler, a tiré la sonnette d'alarme et fait lui aussi pression. Il demande que la Confédération retienne le trafic de transit lourd aux frontières, avant que son canton ne devienne «la place de parc de l'Europe».

Le ministre des Transports, Moritz Leuenberger, n'entre pas en matière pour le moment. Il mise tout d'abord sur la coordination entre tous les milieux impliqués. Depuis l'incendie dans le tunnel du Gothard en 2001, les cantons concernés par le transit des marchandises sont réunis dans un groupe de travail qui sera consulté.

Moritz Leuenberger a également activé les contacts internationaux avec la Commission européenne des transports et ses collègues des pays alpins pour essayer de gérer au mieux le trafic de transit à travers les Alpes.

«Il n'est pas réaliste pour l'instant de fermer les frontières aux poids lourds, mais il faut informer de manière concertée sur les capacités à disposition, et les temps d'attente», précise André Simonazzi, porte-parole au Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).

Quant au géologue cantonal valaisan, Jean-Daniel Rouiller, il a versé de l'huile sur le feu en déclarant que le Gothard aurait déjà pu être rendu au trafic avec la construction en moins de 48 heures d'une méga-digue sous la zone d'éboulement.