Une gigantesque foreuse a fait tomber vendredi l’ultime paroi séparant les deux sections du tunnel le plus long du monde, une galerie de 57 km à 2.000 m sous la montagne, sous le massif du Saint-Gothard. A 14h05, l’immense tunnelier gris de 9,5 m de diamètre s’est mis en marche, dans un grondement sourd, brisant quelques minutes plus tard le dernier tronçon de roche et permettant aux mineurs situés des deux côtés du mur de se serrer les mains. Un drapeau suisse a été déployé et une statuette de Sainte-Barbe, patronne des mineurs, brandie sous un tonnerre d’applaudissements au fond de la galerie lorsque les deux tunnels ont fait jonction. Les dernières étapes du percement:14h50 L’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi, en chemise à carreaux rouge et blanc, tape sur l’épaule de Moritz Leuenberger. Le Bernois est considéré comme le père des transversales alpines, un projet qu’il a porté à bout de bras avec passion.

14h40 Après s’être passé la statue de Sainte-Barbe, la patronne des mineurs, les hommes des deux galeries se tombent dans les bras au son des trompettes d’Aïda de Verdi. Les drapeaux suisse, tessinois, uranais et des pays d’origine des mineurs - Autriche, Portugal, Italie, France notamment - flottent, le champagne coule.

14h20 Les ministres des transports de l’Union européenne, en réunion à Luxembourg, assistent en direct au percement. «Au nom de mes collègues et des 500 millions de citoyens de l’Union européenne, je transmets mes plus chaleureuses félicitations au peuple suisse et salue son ambition et l’exemple qu’il donne dans la lutte contre le réchauffement climatique», déclare le ministre belge Etienne Schouppe. Siim Kallas, le commissaire européen des transports, s’est réjouit également de l’ouverture prochaine de cette liaison entre les ports du nord et du sud. Moritz Leuenberger, visiblement ému, a remercié du fond du tunnel.

14h17 Le tunnelier apparaît devant les invités rassemblés à Sedrun.

14h05 La foreuse se met en marche depuis la galerie de Faido. Il lui faut environ un quart d’heure pour vaincre les derniers 150 centimères de roche.

13h45 Discours de Moritz Leuenberger

«La démocratie peut déplacer les montagnes», lance le conseiller fédéral. Aucune entreprise privée n’aurait accepté de prendre le risque d’une telle entreprise. Seul l’Etat pouvait s’y lancer. Les citoyens et citoyennes ont eu le courage de dire «oui» à la construction et au financement du tunnel, a continué le ministre des transports, se réjouissant de l’efficacité de la démocratie directe.

13h30 Début de la cérémonie officielle

Luzi Gruber, directeur d’Implenia, accueille les hôtes présents. Renzo Simoni, directeur général de AlpTransit Gotthard salue le courage des mineurs, plus de 2000 en dix ans. Il rend en particulier hommage aux huit hommes qui ont perdu la vie lors des travaux , après avoir lu leurs noms.

Moment de fierté helvétique - on voit le conseiller fédéral Moritz Leuenberger rayonner, l’ingénieur en chef annonce la précision des travaux: l’écart entre les deux galeries atteint huit centimètres à l’horizontale et un petit centimètre à la verticale.

Pendant la matinée

Les 200 invités triés sur le volet se sont tous rassemblés dans les entrailles de la montagne. Parmi eux l’ambassadeur de l’Union européenne en Suisse Michael Reiterer, l’ancien commissaire européen au transports Jacques Barrot et l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi – le père des transversales ferroviaires alpines.

Munis d’un coupon d’accès au design repris des billets d’avion, les invités sont tous en classe VIP. Le parcours aller porte le numéro 56,9 et celui du retour 57, comme le nombre de kilomètres avant et après le percement de cet ouvrage des superlatifs.

Casqués et bottés, les hôtes ont commencé leur voyage en petit train, un kilomètre à l’horizontale dans la montagne jusqu’à une première station intermédiaire. Là, ils sont montés dans l’ascenseur que les Grisons rêvaient de transformer en Porta Alpina, et sont descendus 800 mètres sous terre.

Les mineurs, les maîtres d’ouvrage et leurs hôtes suivent la jonction principale en direct sur de grands écrans sur les chantiers de Sedrun et Faido ainsi qu’à Erstfeld et Lucerne, soit près de 3500 personnes.