Le développement durable est une bien belle chose: produire des biens économiques en ménageant l'environnement et en utilisant le patrimoine, travailler pour le présent sans hypothéquer l'avenir, et tout cela dans une solidarité universelle et transversale, qui lie les régions et les pays, prend en compte les intérêts de tous sans léser personne. Bref, le meilleur des mondes possible tel qu'intronisé en 1992 à la conférence de Rio par 172 états. On ne peut évidemment que se féliciter du choix affiché par les dirigeants de Sion 2006 de miser sur un si ambitieux projet. On ne peut également que se féliciter de la volonté de viser le long terme, de concilier écologie, tourisme, créations d'emplois et olympisme. Cependant, hier à Sion, on a quand même un peu abruptement évacué l'aspect sportif du dossier. Comme si les quinze jours de compétition n'étaient au fond que broutilles anecdotiques. Pourtant, jusqu'à preuve du contraire, les jeux olympiques pour la majorité des habitants-téléspectateurs de cette planète, Valaisans compris, c'est d'abord du sport, des joutes, de la compétition. A trop vouloir mettre en avant le goût du pain, ne risque-t-on à la longue d'ôter au bon peuple l'envie des jeux?