Commentaire

Le goût du pouvoir surpassera-t-il celui de la provocation?

Commentaire de notre journaliste sur le succès de Roger Köppel

Ce n’est pas une surprise. Le succès de Roger Köppel était prévisible. Certains diront que ce sont les médias qui ont octroyé une visibilité disproportionnée au nouveau poulain de Christoph Blocher. Ils oublient que d’autres candidats UDC – comme le professeur Christoph Mörgeli - ont joui d’une couverture étendue dans les journaux (positive ou négative, peu importe, affirment les communicants). Et se sont retrouvés dimanche relégués en fin de peloton. Non, l’engouement populaire pour le rédacteur en chef de la Weltwoche ne s’appuie pas seulement sur son aura médiatique. Roger Köppel est une bête de scène. Alors que le candidat UDC au Conseil des Etats zurichois, le professeur Hans-Ueli Vogt a livré des prestations plutôt fades, pêchant par timidité face à ses adversaires, l’éditeur s’est montré terriblement éloquent. Quel que soit le type de scènes, ou de petits villages campagnards, qu’il a égrenés ces dernières semaines.

Ses origines allemandes et son profil d’intellectuel,  - il  a dirigé la rédaction Die Welt à Berlin -  ne lui ont pas porté préjudice. Il a su les faire oublier. Le nouveau conseiller national zurichois adapte son discours à ses interlocuteurs. Intransigeant dans ses éditoriaux de la Weltwoche, ou devant les assemblées de son parti conquis, le politicien peut se révéler beaucoup plus subtil et nuancé avec d’autres auditeurs. C’est vrai : Roger Köppel aurait les moyens et les capacités de devenir, un jour, conseiller fédéral. LeQuereinsteiger, le nouveau venu en politique, n’en a jamais parlé. En a-t-il seulement l’envie ? L’envie de renoncer à sa passion pour la provocation - son hebdomadaire a publié il y a dix jours une critique du parti, « les côtés sombres de l’UDC », attaquant chacun de ses collègues – pour favoriser le compromis ?  Il affirmait ce printemps, dans nos colonnes, qu’il resterait lui-même à 100% au conseil national.  Tout dépend si son goût du pouvoir l’emporte un jour.  

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