Le Conseil d’Etat genevois a de la suite dans les idées. En fin d’année dernière, il s’était vu refuser par le Grand Conseil les 412 postes supplémentaires qu’il voulait engager en 2020. La droite avait en effet réussi à construire une majorité avec le MCG pour biffer ces nouveaux engagements, en échange de l’octroi de l’annuité aux fonctionnaires. Chassé par la porte, le gouvernement est revenu par la fenêtre: il demande désormais un crédit complémentaire pour 345 postes à la Commission des finances, dont le vote est prévu ce mercredi.

Une manœuvre habile, puisque cette décision reviendra à la Commission des finances seule, et non pas au plénum. A droite, on dénonce un abus, puisque l’idée du crédit complémentaire repose sur des événements imprévus à l’heure du budget, ce qui n’était pas le cas: «On outrepasse l’idée du crédit complémentaire, s’insurge un député. Car ces postes étaient prévus, mais avaient été refusés par le législatif. On imaginait bien que le Conseil d’Etat reviendrait à la charge par ce biais, mais dans des proportions moindres, par exemple avec une centaine de postes.» L’idée que 100 députés se soient prononcés pour qu’au final 15 commissaires puissent corriger la décision paraît à certains de nature à décrédibiliser le parlement.