La gauche jurassienne, forte de son référendum contre la loi cantonale sur le développement économique, croyait tenir son os pour décrocher un succès devant le peuple, lors de la votation cantonale du 24 septembre. Sa surprise a été totale, la semaine dernière, lorsqu'une majorité du gouvernement a décidé de refuser le combat et de ne pas soutenir le texte adopté par le parlement. Ainsi, pour des raisons diamétralement opposées, l'exécutif et la gauche demandent de rejeter une loi pourtant votée par plus de la moitié des députés (Le Temps du 17 août).

Enjeu: les conditions d'octroi de l'aide publique aux entreprises. La gauche exige le respect des conventions collectives de travail, le gouvernement se satisfait d'un encouragement.. Sa stupéfaction ravalée, la gauche politique et syndicale s'applique à expliquer l'enjeu fondamental de la votation. Elle précise que l'Ordonnance sur l'adjudication des marchés publics exige, elle, qu'une entreprise respecte la CCT pour soumissionner. Après une votation «pour beurre» le 24 septembre, la gauche rebondira en lançant une initiative populaire, afin d'avoir, dans les deux ans, la sanction populaire réclamée sur les conditions de l'aide publique aux entreprises.

Le conseiller national Jean-Claude Rennwald note que le canton de Berne, ennemi héréditaire et perçu comme réactionnaire dans le Jura, assortit l'octroi de subventions aux entreprises au respect des CCT. «L'esprit d'innovation n'est pas forcément là où on l'attendait le plus», ironise le syndicaliste.