Le canton de Vaud va agir tous azimuts pour lutter contre le réchauffement climatique. Le Conseil d’Etat in corpore a présenté mercredi son Plan climat, qui vise à atteindre la neutralité carbone en 2050 sur son territoire.

Dans un premier temps, le canton souhaite réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 60% d’ici 2030 (par rapport à 1990). Cette ambition est «calquée» sur celle du Conseil fédéral et d’autres cantons, a expliqué Béatrice Métraux, en charge de l’environnement, devant la presse au Musée cantonal des Beaux-Arts. Selon elle, il s’agit d’être «crédible» en fixant des objectifs qui ne soient pas «inatteignables.»

La ministre écologiste a indiqué que ce Plan climat avait été élaboré à l’issue «d’une large consultation», tout en reconnaissant que certains le jugeraient top timide.

Il a été réalisé dans le respect des institutions et des principes démocratiques, a renchéri sa collègue Nuria Gorrite. «Les appels à une politique plus autoritaire n’apportent aucun résultat concret», a jugé la présidente du gouvernement, en référence aux revendications de certains mouvements écologistes radicaux.

Mesures multiples

Tour à tour, les sept ministres vaudois ont présenté sur quels terrains leur département agira ces prochains mois pour le climat. En matière de mobilité – qui représente plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre dans le canton –, Nuria Gorrite a rappelé que «le levier le plus puissant» consistait en un report modal de la voiture vers les transports publics et la mobilité douce.

Lire aussi: Démocratie et changement climatique: l’insoluble équation

Rappelant les «investissements massifs» déjà réalisés dans le canton, Mme Gorrite a expliqué qu’un effort supplémentaire sera porté sur les bus régionaux pour améliorer les cadences et les correspondances. Une dizaine de lignes vont être «dynamisées», notamment dans les régions d’Yverdon, Vevey, Moudon et Nyon.

L’adaptation énergétique des bâtiments de l’Etat constitue une autre priorité. Le canton souhaite ainsi assainir 20% de son parc immobilier (soit 95 bâtiments) d’ici 2040, notamment en remplaçant les chauffages fossiles par une production locale d’énergies renouvelables.

Le soutien à l’agriculture pour favoriser la captation de carbone dans les sols, le renforcement des forêts et des cours d’eau ou l’échange d’idées avec les communes figurent aussi parmi les nombreux domaines dans lesquels va agir le canton. «C’est une action de longue haleine et tout le monde doit y participer», a insisté Mme Métraux, précisant que ce Plan climat était «évolutif» et qu’il allait «monter en puissance» ces prochaines années.

Réactions positives

Pour donner une première impulsion, un investissement de 173 millions de francs sera soumis au Grand Conseil, dont 50 millions pour la mobilité, 28 millions pour l’agriculture et 35 millions pour les milieux naturels. En ajoutant les montants acquis au cours de la législature et l’effet multiplicateur sur l’économie vaudoise, l’effort cantonal se monte à 1,3 milliard de francs, a expliqué Pascal Broulis. «Proportionnellement à la population, c’est comme si la France débloquait 100 milliards pour le climat», a noté le ministre des finances.

Parmi les premières réactions à la stratégie climatique du Conseil d’Etat, les Verts vaudois ont jugé qu’elle était «à la hauteur des défis à venir». Ils ont affirmé dans un communiqué qu’ils «veilleront à ce que l’on passe au plus vite de la parole aux actes en débloquant les moyens financiers pérennes nécessaires.»

De son côté, le PLR Vaud a également salué «l’ambition» de ce plan. Hormis «quelques réserves», le parti a dit espérer «une mise en œuvre concrète et non uniquement un plan irréalisable dans la pratique.»

Le PS a aussi loué le travail du Conseil d’Etat. Saluant un «changement collectif», il s’est réjoui que les mesures dévoilées mercredi «soient orientées sur la mise en place de politiques publiques fortes et sans pénalisation sociale.»