Revirement au Grand Conseil vaudois. Après avoir cédé la semaine dernière au plaisir d'infliger un camouflet au Conseil d'Etat, les députés sont revenus à de meilleurs sentiments. Ils ont fini par admettre que les communes paient, dès l'an prochain, une plus grande part des dépenses sociales, afin de contribuer par 50 millions de francs au redressement des finances cantonales (LT du 28 novembre).

Cette décision, prise d'extrême justesse et à l'issue d'un débat à rebondissements, doit être confirmée définitivement mercredi. Si tel est le cas, le budget 2002 restera dans le cadre de la planification financière, avec un déficit d'environ 200 millions. Par ailleurs, le processus devant aboutir à une répartition moitié moitié de la facture sociale est lancé. La part commune doit passer de 33% aujourd'hui à 40% en 2002, puis à 45% en 2003. Les 50% en 2004 sont conditionnés à l'aboutissement négocié d'un transfert de charges et de compétences entre l'Etat et les communes («3e paquet EtaCom»). Mardi soir, des députés s'étant battus avec acharnement pour que les communes ne paient pas un sou de plus en 2002, comme le radical Olivier Feller ou la socialiste Michèle Gay Vallotton, entendaient contester la procédure de vote, où ils voient un «abus de droit».

Même s'il finit par limiter les dégâts, le Conseil d'Etat ne sort ni grandi ni renforcé de ce dossier qu'il a conduit d'une manière contestable. Sa position initiale, consistant à exiger un douteux rattrapage de la facture sociale, avait suscité une levée de boucliers. Dès lors, c'est le parlement qui a sauvé la mise de l'exécutif en proposant, en commission puis en plénum, les amendements permettant de résister au front du refus des communes et de leurs représentants.

Menace de la droite

Au premier débat, le point de vue des syndics s'était imposé, après un long défilé de doléances contre l'Etat. Mais au second, la droite s'est regroupée derrière la nécessité de sauver le budget. La gauche a présenté un front désuni, à l'exemple des Verts qui ont vu s'opposer Daniel Brélaz et Luc Recordon. Le POP a dénoncé «l'égoïsme des prés carrés communaux», tandis que le groupe socialiste n'a défendu d'autre ligne que celle des syndics, dont le Lausannois Jean-Jacques Schilt était le porte-parole. Une menace de dernière minute brandie par la droite a eu son effet: à défaut des 50 millions des communes, elle imposerait des coupes dans le social et le scolaire dans le budget.