Finances

Grâce à Optima, le Jura tient un budget avec un petit déficit

La majorité de centre-droit du parlement jurassien a validé le budget 2017 et sa perte de 5,5 millions. Le presque équilibre a été obtenu grâce au programme d’austérité Optima, une baisse d’impôt reportée et une ponction sur la masse salariale et la réserve conjoncturelle

Malgré les divergences et le rejet systématique ou presque des amendements, le climat du débat budgétaire 2017 au parlement jurassien est resté serein ce mercredi à Delémont. Elu en fin d’automne 2015, le gouvernement renouvelé à 80% (seul le grand argentier Charles Juillard est sortant) n’a pas subi d’attaques marquées du législatif.

Ainsi, le Jura tient son budget 2017, grâce à la majorité gouvernementale PDC-PLR-PCSI (chrétiens-sociaux) qui a ratissé 32 voix contre 18 (UDC, CS-POP-Verts et une partie des socialistes). Perdants des élections, privés d’un siège au Conseil d’Etat où ils n’ont plus qu’une représentante, Nathalie Barthoulot – qui accédera à la présidence vendredi –, les socialistes se rangent clairement dans l’opposition, ce d’autant que le budget 2017 concrétise la rigueur voulue par la table ronde Optima, qui prévoit de faire des économies à hauteur de 5%, soit 35 millions de francs, sur les dépenses dont le canton à la maîtrise. Le PS avait pourtant participé au contrat d’économies, mais c’était avant les élections.

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Déficit contenu

Le budget, tout comme les plans financiers jusqu’en 2020 sont considérés comme «satisfaisants, même s’ils sont difficiles», commente Charles Juillard. Leurs déficits sont compris entre 3 et 6 millions. 5,5 millions en 2017, alors que la première mouture du budget laissait présager une perte de 40 millions, «et même 65 millions sans Optima», fait remarquer le député PDC Claude Mertenat.

Le budget 2017 intègre des mesures Optima pour 25 millions. Il prévoit aussi le renvoi, comme en 2016, de la diminution de 1% du taux d’impôt. Entre 2008 et 2020, le Jura réduit sa fiscalité de 12%, 1% par année (manque à gagner de 4 millions). L’achèvement du programme est repoussé à 2022. En accord avec les syndicats, le gouvernement fait supporter à la fonction publique le renchérissement négatif, soit une économie de 4 millions pour la caisse cantonale. Enfin, le gouvernement puise 5 millions dans la réserve conjoncturelle qu’il avait notamment alimentée de 17 millions au bouclement des comptes 2015.

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La gauche a tenté d’atténuer les effets sociaux de la rigueur jurassienne. Ainsi voulait-elle empêcher l’instauration d’une taxe quotidienne de 5 francs imposée aux bénéficiaires d’aide et de soins à domicile. La majorité bourgeoise l’en a privée. Le socialiste Raphaël Ciocchi s’en est aussi pris au frein à l’endettement, qui impose un taux d’autofinancement des investissements à 80%. «C’est un frein au développement», a-t-il clamé, craignant par ailleurs un «Optima 2», soit un nouveau programme d’économies ces prochaines années. Des préoccupations qui n’ont pas perturbé la solide majorité gouvernementale PDC-PLR-PCSI.

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