Vingt et un fanatiques de la bombe aérosol ont été interpellés en Valais, a annoncé lundi la police cantonale. Les jeunes, âgés entre quatorze et vingt ans, suisses et étrangers, agissaient en bande de trois à quatre personnes, et maraudaient, depuis l’été 2008, aux quatre coins du Haut-Valais, de Brigue à Rarogne, de Stalden à Saint-Nicolas, «graffant» villas individuelles, trains et bâtiments administratifs, 200 objets au total.

L’art de rue, si l’on peut dire, en prend un coup. D’abord parce que les hiéroglyphes commis durant deux ans à un rythme boulimique n’ont rien d’œuvres d’art, fait savoir le porte-parole de la police cantonale Vincent Favre. «Ce sont, dans la plupart des cas, des gribouillages. A ce niveau-là, c’est causer des dommages pour causer des dommages…»

En l’occurrence, on estime la somme des dégâts occasionnés à 200 000 francs. L’autre coup dans le flanc de ces rapins du crépuscule viendra des tribunaux. Le dommage à la propriété n’est pas poursuivi d’office. Sur plainte, en revanche, ce genre de délits est sanctionné par une amende, proportionnée au revenu du mineur, ou en l’absence de revenu, à une peine de travail d’intérêt général pouvant aller jusqu’à trente jours. Un grand pouvoir d’appréciation est laissé au juge.

Sans se prononcer sur ce cas particulier, le doyen du Tribunal des mineurs valaisan Philippe Cherix aurait tendance à se montrer plutôt sévère en la matière, dit-il. «Je préfère infliger une peine moindre mais à purger d’emblée, que du sursis. D’autant que les jeunes que nous recevons au tribunal ne sont que la pointe de l’iceberg.» Parallèlement à l’ordonnance pénale rendue par le juge, les lésés, qui n’ont encore pas la qualité de partie dans le code de procédure pénale valaisan (ce sera le cas dès 2011), pourront également se réserver des suites civiles. Le mauvais goût n’est pas puni.